Bienvenue à Kyoto

Le lit du Mystay Kanda est très confortable mais l’hôtel donne sur une rue très passante, ce qui trouble quelque peu le sommeil. On déguste les makis achetés hier, ce n’est pas souvent qu’on mange du poisson au petit-déjeuner. Vers 8 heures 30, on se met en marche pour la gare, l’objectif étant de ne pas arriver trop tard à Kyoto. Afin de réserver nos sièges, on entre dans une agence commerciale. Le gars au guichet nous explique que toutes les places réservables ont déjà trouvé preneurs, et ce dans tous les trains jusque dix heures. Tant pis, on accélère le pas pour prendre le train de 09:03 et monter dans un wagon sans réservation où on trouve facilement de la place. Notre voisine, une dame âgée, engage la conversation avec nous mais la barrière linguisitique (elle parle très peu anglais) rend les choses complexes. 2 heures 40 plus tard, nous voici à Kyoto. Notre auberge, la K’s House n’étant pas très loin de la gare, nous nous y rendons à pied.

Après avoir payé et mis les sacs en lieu sûr, on part à la découverte de l’ancienne cité impériale. Les estomacs se creusant, on se pose assez vite dans un restau, Ippudo (Nishikokoji Higashi-iru). Les ramen sont très réussies et au vu de la file d’attente, nous ne sommes pas les seuls à le penser.

On se dirige ensuite vers le palais impérial et son magnifique jardin. Les bâtiments actuels, dont la taille est impressionnante, datent de 1855. S’y déroulent encore aujourd’hui les cérémonies d’intronisation des empereurs.

Le jardin, le premier que nous visitons au Japon, nous enchante.

On marche (et c’est long !) vers le Daitoku-ji, célèbre ensemble de temples bouddhiques. Le problème, c’est que les édifices ferment à 17 heures et nous arrivons à 17 heures 05… Du coup, notre visite s’en trouve amputée et se limite aux allées.

La nuit tombe vite au Japon, tout du moins en cette saison. On reprend la direction du centre-ville (c’est toujours aussi long !) pour dîner dans un restaurant de la chaîne Ootoya. Une des spécialités de Kyoto étant le tofu, je choisis une sorte de soupe composée notamment de ce fromage de soja et de champignons. C’est délicieux !

Fatigués par ces longues heures de marche, nous rentrons à la K’s House. L’auberge est conviviale et dispose d’une cuisine bien équipée.

Nous avons hérité d’un dortoir de six lits (il est relativement grand) et, une chose est sûre, on ne va pas faire long feu ce soir !

 

Japon : c’est parti !

L’aventure japonaise commence à 10 heures 45 sur une des quatre pistes de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle à bord d’un Airbus A340-600 d’Etihad Airways. C’est mon premier vol avec cette compagnie et il faut reconnaître que c’est pas mal du tout. Le personnel de bord est charmant et les sièges sont confortables. L’espace pour les jambes est tout à fait convenable pour une classe économique. Etihad offre le choix entre trois menus. J’ai apprécié le fait que les couverts ne soient pas en plastique. Question divertissement, entre films, musique, jeux et même Coran, chacun trouvera son bonheur.

L’escale à Abu Dabi est courte : une petite heure de battement avant d’embarquer dans un autre A340-600 pour Tokyo. Afin de me mettre dans l’ambiance, j’opte pour le petit-déjeuner japonais.

Nos premiers pas sur le sol japonais nous mènent vers les services de l’immigration. C’est très rapide, nous sommes déclarés admis en moins de dix minutes. On récupère les sacs à dos qui arrivent dans de grands bacs sur le tourniquet. Le passage à la douane est des plus brefs.

Vient le moment d’échanger les Japan Rail Pass. Rien de plus simple car une agence Japan Rail se trouve dans le terminal ! Dix minutes plus tard, nous sommes en possession des précieux sésames qui nous permettent de monter à bord du Narita Express qui part immédiatement. Une chose est sûre, on n’aura pas perdu de temps !

Arrivés à la gare de Tokyo, nous marchons vers notre hôtel, le Mystay Kanda (1-2-2 Iwamotocho). Le personnel, qui parle anglais, est très accueillant. Bien que très petite (je crois que c’est souvent ainsi au Japon), la chambre est bien équipée (réfrigérateur, four à micro-ondes, télévision, coffre-fort, évier). Pour une nuit, nous payons 7600 yens.

Après un brin de toilette, on part faire un tour dans le quartier. Jusqu’à la gare, les rues ne sont qu’une juxtaposition de grands immeubles modernes. Certains d’entre eux affichent les couleurs des Jeux Olympiques de 2020.

On entre dans le centre commercial situé en-dessous de la gare. Il est immense et particulièrement fréquenté. Les boutiques consacrées à la culture manga sont légion. Vers 18 heures 30, fatigués par les vols, on choisit un restaurant de ramen parmi les nombreux établissements implantés dans la gare. Les commandes se font via un automate situé à l’extérieur du restau.

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On choisit nos plats puis on insère des yens mais cette étonnante machine recrache tout. Heureusement, un couple de Japonais derrière nous fait comprendre qu’il faut d’abord payer avant de sélectionner les mets. L’automate nous donne deux tickets que nous tendons à un serveur une fois dans le restau. On nous apporte rapidement nos premières ramen qui sont excellentes.

On retourne à l’hôtel, mettant ainsi un terme à cette première journée japonaise (les choses sérieuses commenceront demain !). Sur le chemin, on trouve un Family Mart (supérette omniprésente au Japon) dans lequel on achète quelques victuailles pour le petit-déjeuner. Puisse le sommeil être salvateur car la fatigue se fait sérieusement sentir…

 

Le Japon pour les novices

  • Y aller

On ne va pas se voiler la face, la voie des airs est la plus sûre et la plus simple pour rallier le pays du soleil levant. La bonne nouvelle, c’est que les billets sont beaucoup moins chers qu’il y a dix ou vingt ans. Nous avons payé 456 euros par tête aller/retour pour faire Paris/Tokyo (via Abou Dabi) avec la compagnie Etihad Airways. Au retour, l’escale aux Emirats était certes un peu longue (cinq heures ; prenez garde à votre gorge, la climatisation de l’aéroport est réglée sur le mode glaçon) mais, ceci étant, nous étions satisfaits du service : personnel affable, pas mal de place pour les jambes,  couverture, coussin de nuque (mon coussin personnel était cependant bien plus confortable), trois choix de menus. Evidemment, c’est plus long qu’un vol direct (compter sept heures jusque Abou Dabi puis onze heures jusqu’à Tokyo). La qualité du service nous a néanmoins semblé meilleure pour les vols entre Paris et Abou Dabi (équipages visiblement mieux rodés).

  • Se déplacer

Japan Rail Pass ou pas, si oui pour combien de temps ? C’est la question que se posent (au vu des messages postés sur les forums de voyages !) nombre de routards désireux de partir à la découverte du Japon. Votre calculatrice promet d’être un allier de choix dans votre prise de décision.

En ce qui nous concerne, nous avons opté pour le JR Pass de quinze jours en seconde classe. Evidemment, cela a un coût (386 euros par personne) mais en additionnant les prix des trajets donnés par le site Hyperdia, il est apparu que notre JR Pass serait rentabilisé pour au moins cinquante euros. Je précise que nous avons pas mal bougé pendant ces quinze jours (Tokyo, Kyoto, Nara, Hiroshima, Miyashima, Osaka, Matsumoto).

Il ne faut cependant pas perdre de vue que le JR Pass n’est pas valable pour tous les trains. Ainsi, l’accès au Nozomi (les plus rapides des Shinkansen) vous sera refusé. De même, le JR Pass ne vous permet pas d’emprunter les métros et de monter dans les trains gérés par des compagnies privées.

Avec le JR Pass, réserver un siège n’est pas obligatoire (mais on peut le faire gratuitement), il faut alors prendre place à bord des voitures dédiées aux passagers non munis de réservation. On y a toujours trouvé de la place mais je ne sais pas si c’est tout le temps le cas selon les périodes de l’année. Les trains japonais, sont par ailleurs, très confortables et des plus ponctuels.

Le Japon est également doté de réseaux de bus inter-urbains très développés. Il me semble qu’ils sont moins chers que les trains mais aussi moins rapides. Pour louer une voiture, il faut pouvoir présenter une traduction  en japonais de son permis de conduire.

  • Climat

Quelle est la saison idéale pour se rendre au Japon ? Il paraît que l’été, il y fait particulièrement chaud et humide. L’hiver aura les faveurs des skieurs. Avril (avis aux amateurs de cerisiers en fleurs) et mai sont sans doute les mois les plus prisés pour découvrir le Japon (il ne faut pas hésiter à réserver les hébergements bien à l’avance). En juin, il ne fait pas encore trop chaud. En septembre, les vagues de chaleur estivales battent en retraite. En ce qui nous concerne, nous avions choisi le mois d’octobre. Il a fait relativement chaud (en moyenne, 25 degrés ; jusqu’à 28 à Osaka) et nous n’avons eu que deux jours de pluie. Enfin, novembre est peut-être la période idéale pour profiter des couleurs de l’automne.

  • Se faire comprendre

La plupart des gens venant en vacances au Japon ne parlent pas japonais. Même si l’anglais n’est pas très pratiqué au pays du soleil levant, nous n’avons jamais rencontré de gros problèmes pour nous faire comprendre. Dans les lieux touristiques, les panneaux d’information sont traduits dans la langue de Shakespeare. De nombreux restaurants disposent d’une carte en anglais (et si tel n’est pas le cas, la plupart des établissements exposent les plats en vitrine et les menus comportent souvent des photos). Je vous conseille d’apprendre quelques mots en japonais, ça fait toujours sourire les locaux !

  • Budget

Le yen ayant pas mal baissé ces dernières années, le Japon est devenu une destination nettement moins onéreuse que par le passé. Cependant, il ne faut pas non plus se voiler la face, le niveau de vie étant élevé, les prix ne seront pas aussi attractifs qu’en Asie du Sud-Est ou qu’en Corée du Sud. En tout (billets d’avion et JR Pass compris), nous avons dépensé environ 1 800 euros par personne. Les hôtels, dans lesquels nous avons séjourné, étaient, à l’exception de la première nuit à Tokyo, des auberges de jeunesse et maisons d’hôte. Nous avons, la plupart du temps, mangé au restaurant. Nous ne nous sommes pas limités au niveau des visites et nous avons ramené quelques souvenirs pour nous et nos proches. Bref, nous ne nous sommes pas privés.

  • Yens

Non, ce n’est pas une légende urbaine, les Japonais ont un fort penchant pour les espèces sonnantes et trébuchantes ! Payer par carte n’est pas possible dans nombre de commerces, hôtels et restaurants. Il faudra donc vous procurer rapidement des yens. Pour notre part, nous avions changé l’équivalent de 800 euros via le bureau « Yes Change ». Nous avons ensuite retiré environ 1 500 euros à deux.

Japon : les dix commandements

  • Des temples, tu visiteras

En particulier à Kyoto qui rassemble de nombreux sanctuaires. Certains figurant parmi les plus célèbres du pays. Qu’ils soient shintoïstes ou bouddhistes, les temples japonais t’en jetteront plein la vue.

  • De magnifiques jardins, tu admireras

Les jardins japonais sont considérés comme des lieux touristiques incontournables et, après en avoir visité quelques-uns, on comprend mieux pourquoi. Impossible de résister au charme de ces jardins savamment composés et reposants à souhait. Seule ombre au tableau : les moustiques …

  • Dans l’assiette, tu te régaleras

La cuisine japonaise est, à juste titre, particulièrement réputée. Exotique (tout du moins pour les Européens que nous sommes), variée et pauvre en matières grasses, elle a tout pour séduire. J’ai adoré les pâtes mais je donnerais beaucoup pour un bol de chirashi !

  • La différence entre udon, ramen et soba, tu comprendras

Incontournables dans la gastronomie japonaise, ces trois sortes de pâtes te mettront l’eau à la bouche. L’udon est une nouille blanche, épaisse et plate, fabriquée à partir de farine de blé. Les soba sont, quant à elles, des nouilles fines composées de farine de sarrasin. Fabriquées avec de la farine de blé, des œufs et ce que les japonais appellent « kansui » (eau alcaline), les ramen sont les nouilles d’origine chinoise. En ce qui me concerne, j’ai un petit faible pour les soba !

  • Devant d’étranges enseignes en français, tu t’étonneras

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les Japonais semblent friands des boutiques aux noms à consonance française. Cependant, nombre d’entre eux donneraient des haut-le-coeur aux Immortels…

  • Du kawaii à tous les coins de rue, tu verras

Les Japonais sont les heureux inventeurs de cette fameuse esthétique kawaii (traduction : mignon, adorable). On la trouve partout y compris dans les publications gouvernementales et la signalisation routière. Evidemment, vêtements et peluches ne sont pas en reste.

  • Les toilettes japonaises, tu expérimenteras

Comme tous les étrangers en voyage au Japon, tu seras surpris(e) par les toilettes haute technologie disséminées partout dans l’archipel. Au fil des jours, tu deviendras expert(e) du maniement de la console de contrôle. A titre personnel, je trouve ces jets, dont la puissance est réglable, plutôt agréables. Spéciale dédicace à la touche « note de musique » qui déclenche un son de chasse d’eau afin de masquer les bruits produits par celui ou celle assis sur le trône…

  • Des gens vêtus de kimonos, tu croiseras

Non, le kimono n’est pas seulement l’apanage des tatamis de judo ! En visitant les temples, tu te rendras vite compte que ce vêtement traditionnel est souvent de sortie (davantage chez les femmes), particulièrement le samedi. Il en existe de toutes les couleurs avec plein de motifs différents. Avis aux amateurs, les boutiques spécialisées ne manquent pas. Les femmes habillées en kimono ont une démarche particulière : ce vêtement étant très étroit, elles ne peuvent faire que de très petits pas. Les geta (chaussures traditionnelles) et les chaussettes blanches qui vont avec ne facilitent évidemment pas la tâche.

  • Devant le suremballage et la distribution de sacs plastiques, tu t’étonneras

Si, en Europe, l’heure est à la limitation du sac plastique, il n’en va pas de même au Japon ! Les supermarchés distribuent généreusement des poches. Les visiteurs des temples se voient très souvent proposer des sacs pour y mettre leurs chaussures le temps de la visite. Dans les supermarchés, les articles sont emballés plutôt deux fois qu’une. Si tu achètes quelque chose dans une boutique, tu te rendras compte que les Japonais prennent très au sérieux la phase de l’empaquetage.

  • Dans d’immenses salles de jeux vidéo, tu pénétreras

Que serait le Japon sans ses célèbres salles d’arcades ? Même si tu n’es pas fan de jeux vidéos, il te faudra rentrer, au moins une fois, dans un de ces établissements. Pour ma part, j’ai été impressionnée par le volume sonore qui règne de ces endroits, raison pour laquelle je ne peux pas y rester bien longtemps. Rassure-toi, il n’y a pas que des écrans dans ces salles. Tu y trouveras aussi toutes sortes de machines qui te permettront, si tu es chanceux, de gagner des bonbons, des peluches ou des figurines de manga (tu te renseigneras avant sur le prix de la chose en question car ces jeux à pinces sont surtout de belles pompes à fric ; il revient souvent moins cher d’acheter le truc dans une boutique plutôt que de tenter de le gagner).