GR 34 : de Pordic à Bréhec

Tu peux voyager de par le monde, de São Paulo à Hong Kong, mais rien ne te fascine autant que la côte bretonne

Une fois n’est pas coutume, Fabuleux Détour vous emmène en France, plus particulièrement en Bretagne, ma belle région natale. Si je suis née et j’ai grandi en terres bretonnes, je ne prétends pas en connaître tous les recoins, loin de là. Alors pourquoi ne pas profiter d’un pont de mai pour arpenter les chemins du célèbre GR 34, plus connu sous le nom de sentier des douaniers ?

Je ne pense pas me tromper en écrivant que tous les Bretons, particulièrement ceux qui habitent sur la côte, se sont un jour promenés le long du sentier des douaniers. Le GR 34 ne m’est donc pas totalement étranger mais ma connaissance se limite à quelques courtes portions, ce qui explique peut-être mon excitation à la veille d’entreprendre une randonnée plus conséquente sur ces chemins. Nous allons, en effet, partir de Pordic (ville où habitent nos parents) pour gagner, dans un premier temps, Plouha où nous passerons la nuit avant de continuer le lendemain notre chemin le plus loin possible. Bref, tout un programme et je me sens presque aussi exaltée que dans les heures précédant un départ pour l’autre bout du monde !

On fait nos sacs en prenant soin d’empaqueter les provisions généreusement fournies par nos familles respectives et, à 08 heures 30, nous voilà dans ma rue prêts à partir ! On prend le petit chemin en bas de la rue Chateaubriand à Pordic. Pour le repérer, cherchez l’Ic ou plutôt entendez-le ruisseler. On descend donc par ce sentier sensé nous emmener vers les chemins du GR 34. Pour tout dire, nous ne sommes pas sûrs, au début, d’être dans la bonne direction car plusieurs sentiers, notamment équestres et de VTT, s’entrecroisent. Heureusement, on arrive assez vite sur la plage du Vau Madec (plage de galets inaccessible par la route), ce qui est plutôt bon signe car le GR 34 est un chemin côtier. Et, en effet, on tombe nez à nez avec une première balise !

Tous les signaux sont donc au vert et l’aventure peut vraiment commencer ! De Pordic, on peut également rejoindre le GR 34 en partant de la Pointe ou de la plage du Petit Havre. Après quelques centaines de mètres de marche, on distingue déjà bien Binic et ses plages, qui font l’été le bonheur des baigneurs (car se baigner en Bretagne à la belle saison ne relève pas de l’impossible). On traverse le port autour duquel trônent cafés, restaurants et boutiques. Envie d’une glace ? Arrêtez-vous chez Morice, sans doute un des meilleurs glaciers de la côte.

On monte les marches situées en face du phare (pas d’inquiétude, le tracé du GR est très bien balisé) et c’est là qu’on rencontre d’autres randonneurs. Nous sommes tous gâtés car il fait un temps superbe pour marcher, le soleil étant aujourd’hui au rendez-vous (comme quoi, il  ne pleut pas tout le temps en Bretagne !), ce qui rend la côte encore plus lumineuse. Les plages défilent sous nos yeux. Je reconnais celles des Moulins et des Godelins sur la commune d’Etables-sur-Mer où je suis souvent allée enfant.

C’est d’ailleurs à Etables que nous cassons la croûte. Il n’est certes pas encore midi mais la rando, ça ouvre l’appétit ! Après une bonne heure de marche, nous atteignons Saint-Quay-Portrieux. On passe devant le casino et l’Etrier, boîte de nuit où je suis parfois allée danser.

On déboule ensuite sur Tréveneuc puis sur la plage du Palus. Si je connaissais ces lieux de nom, j’avoue ne pas me souvenir de les avoir beaucoup fréquentés ou tout du moins de les avoir vus sous cet angle.

La dernière partie de notre étape du jour consiste en la traversée des falaises de Plouha, les plus hautes de Bretagne, et il s’agit sans doute de la portion la plus physique car le terrain monte davantage et le sentier est parfois très étroit.

Nous touchons au but ! Il est 17 heures 30, nous sonnons à la porte de la maison d’hôte Ty Jo dans laquelle nous avons réservé une chambre via Airbnb. Elle est située à une vingtaine de minutes de marche du sentier. En tout, on aura marché trente kilomètres et, soyons honnêtes, nos pieds nous le font bien sentir. Mes chaussures me font souffrir (et ce depuis ce matin) et Panda 2 est en délicatesse avec un tendon au niveau du genou. Ces considérations physiques passées en revue, revenons-en à la maison Ty Jo ! L’accueil est charmant, Joëlle est aux petits soins pour les visiteurs. Nous occupons une des trois chambres qui sont toutes équipées d’une salle de bain et de toilettes.

On prend l’apéro avec Joëlle et les autres clients avant de nous mettre en marche vers le restaurant que nous avons réservé. Il s’agit du Domaine de Keravel (lieu-dit la Trinité à Plouha), à quelques minutes de marche de notre lieu de villégiature. Le restaurant est établi dans un charmant manoir. La salle est admirablement bien décorée avec cette grande bibliothèque qui donne, de surcroît, de belles idées de lecture. Le menu est minimaliste : deux entrées, deux plats, deux desserts. La formule entrée-plat-dessert coûte trente euros. La cuisine est bonne (j’ai eu un petit coup de cœur pour l’entrée, les tomates mozzarella revisitées) mais ce n’est peut-être pas le meilleur rapport qualité prix du département.

Après une bonne nuit de sommeil réparateur, le petit-déjeuner concocté par notre hôtesse nous attend dans la salle à manger. On se régale avec les crêpes préparées à la demande qui sont excellentes (il faut dire que Joëlle a par le passé tenu un restaurant). A 9 heures 45, nous larguons les amarres avec dans nos sacs des sandwichs que Joëlle nous a généreusement laissé préparer avec du pain et du jambon. Le petit port de Gwin Zegal est notre premier arrêt. Ce site est peut-être un des plus beaux des Côtes d’Armor, la couleur de l’eau est magnifique.

La mer a de si beaux reflets turquoises qu’on se croirait presque sous d’autres latitudes.

J’aime beaucoup la plage Bonaparte, haut-lieu de la Résistance bretonne. Pendant la seconde guerre mondiale, le réseau Shelburn aida plus d’une centaine d’aviateurs britanniques à regagner leur île. Les aviateurs étaient regroupés dans la petite maison construite sur un rocher avant leur départ pour l’Angleterre.

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On continue tant bien que mal car mes pieds commencent à me faire drôlement souffrir. Je n’aurais pas dû mettre ces chaussures de marche Décathlon très basses visiblement trop étroites pour marcher sans douleur sur une longue distance et choisir à la place ma paire plus montante et plus large de moyenne montagne (celles de haute montagne étant peut-être trop lourdes pour ce type de terrain)… Ces petites tracasseries n’enlèvent cependant rien à la beauté des paysages.

On passe par la plage de Bréhec située sur la commune de Plouha (qui est très étendue).

Le GR 34 se poursuit sur la route et là il faut bien se rendre à l’évidence, je marche de plus en plus lentement… Le plus frustrant, c’est que les pieds mis à part, je tiens le coup ! La mort dans l’âme, nous appelons les parents de Panda 2 pour qu’ils viennent nous chercher. Comme nous l’avions dit au début de cette aventure, nous sommes allés le plus loin possible mais nous espérions tout de même arriver un peu plus près de Paimpol. Physiquement, cette deuxième journée est un peu plus difficile que la première, la faute à un terrain plus vallonné. Malgré cette petite déception, cette portion du GR 34 est absolument magnifique.

Pour finir, voici quelques conseils à l’attention de ceux ou celles qui voudraient découvrir la Bretagne à pied :

  • prévoir un pantalon plutôt qu’un short car les sentiers sont parfois étroits et parsemés de ronces et d’orties. Avoir les jambes couvertes peut donc prévenir quelques désagréments.
  • se munir d’une bonne paire de chaussures (pas comme moi !).
  • en haute saison, réserver les hébergements à l’avance.
  • acheter une carte n’est pas forcément nécessaire car le sentier est très bien balisé et les applications du téléphone portable permettent de savoir où on en est.
  • emporter de la crème solaire car déjà il ne pleut pas constamment en Bretagne et ensuite ce n’est pas parce que le soleil est voilé que ses rayons ne passent pas.
  • pour parer à toute éventualité, ne pas oublier le petit blouson imperméable qui va bien.
  • prévoir un rouleau de papier toilette car si des trônes publics sont disséminés tout au long du parcours le PC n’est pas toujours au rendez-vous.
  • suivre les balises blanches et rouges mais je ne m’en doute pas, vous deviendrez rapidement des pros !

Jeu : à vous de repérer les balises !

Grandes Randonnées

Toutes les bonnes choses ont une fin

Voici venu notre dernier jour au Brésil. Pour ne pas déroger à la tradition, nous prenons le petit-déjeuner à la boulangerie St. Chico où les employés nous considèrent presque comme des habitués. Après un dernier tour dans le quartier, nous bouclons nos sacs car même si notre avion est censé décoller à 18 heures 10, on nous a conseillé de partir en début d’après-midi pour l’aéroport car le trajet peut prendre plus ou moins de temps en fonction de la circulation. Adèle nous commande de Rio un Uber. Rodrigo nous attend, au volant de sa Picasso, devant la résidence. Il est absolument charmant et s’exprime plutôt bien dans la langue de Cervantes, du coup on discute gastronomie et sport (contrairement à l’immense majorité des Brésiliens, Rodrigo n’a cure du football et lui préfère le ju-jitsu qu’il pratique assidument). Il nous fait écouter de la musique brésilienne, notamment du reggae puis nous reprenons en chœur les standards de Bob Marley. Bref, un chauffeur six étoiles !

Arrivés à l’aéroport, on se dirige vers les boutiques, une fois les bagages enregistrés, car nous n’avons pas encore acheté le traditionnel magnet (il y avait pourtant pas mal de vendeurs à Rio mais Panda 2 a des goûts bien particuliers…). Nous trouvons la perle rare mais nous sommes quelque peu refroidis par son prix car nous apprenons à la caisse qu’il est de dix dollars américains ! Nous venons donc d’acquérir le magnet le plus cher de notre carrière de voyageurs…

On dépense nos derniers billets au Subway implanté dans le terminal.

Le vol est quasi plein, contrairement à l’aller. Il durera onze heures, soit une demi-heure de moins que dans le sens inverse. Peu de temps après le décollage, de nombreux éclairs parsèment le ciel. Le vol est riche en turbulences, cela fait longtemps que je n’ai pas senti un avion bouger autant. Comme à l’aller, la qualité des repas servis à bord est tout à fait correcte. En tout début d’après-midi, l’avion se pose à Zurich. Il ne nous reste plus qu’à prendre la correspondance pour Paris. Nous sommes un peu déçus à la fin de cet ultime vol avec Swiss car le personnel de bord ne nous a pas distribué le traditionnel chocolat ;).

A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

Brésil