Cette dernière nuit sous la tente restera gravée comme celle où on a eu le moins froid. La tente n’est même pas mouillée au petit matin et est par conséquent plus facile à plier et à ranger dans son sac. Il fait beau donc on prend le petit-déjeuner sur la table en bois de notre emplacement. On fait un dernière rando dans le parc avant de quitter les lieux. Le sentier débute à Penouille et est très simple (pas de dénivelé, quarante minutes en marchant bien).

On prend la route de Percé, ville célèbre pour son rocher. Il y a sans doute moyen de stationner gratuitement quelque part dans cette localité très touristique mais nous on a payé 9 dollars pour 24 heures (c’était soit ça soit une demi-heure gratuite, durée évidemment insuffisante pour visiter la ville). On déjeune au Fournand, boulangerie qui propose des salades, croques et pizzas. Un bon rapport qualité-prix selon moi. Par contre, le serveur était un peu à l’ouest dans le sens où j’ai demandé un croque-madame puis répété que c’était bien un croque-madame et non monsieur, comme cela s’affichait sur la caisse, pour finalement hériter d’un croque-monsieur !

On admire le Rocher Percé depuis le belvédère du Mont-Joli. Le dit Rocher est guetté par l’érosion si bien qu’il pourrait ne plus exister d’ici 300 ans !

La ville de Percé est truffée de boutiques de souvenirs. Pour ma part, j’achète un shampoing solide et des boucles d’oreilles dans une boutique d’artisanat local. Les routards relèveront la présence d’un lavomatic à côté du restaurant Mille Délices.

On met le cap sur l’Anse-à-Beaufils et son magasin général historique authentique de 1928. Entrer dans ce lieu, c’est comme un voyage dans le temps, entre 1928 et 1970, à la découverte d’un de ces magasins où l’on trouvait de tout : des vêtements, de l’équipement pour la maison sans oublier l’épicerie et des médicaments. Les conteurs retracent l’histoire de la pêche à la morue en Gaspésie et parlent avec passion d’objets aujourd’hui disparus. La visite est aussi intéressante que drôle. L’entrée coûte 12 dollars.

Ce soir, nous logeons à Port-Daniel-Gascons, localité située à environ une heure de route de Percé. Notre maison d’hôte répond au doux nom des Acres Tranquilles. Avec son grand jardin, le cadre est en effet des plus reposants. La décoration de la maison est d’un style assez ancien mais la propreté de la chambre est impeccable. Notre hôtesse nous suggère de dîner à l’Etale, un des seuls restaurants ouverts à proximité. L’endroit a tout l’air du bon vieil établissement familial sans chichi. La salle est bondée en raison, selon une cliente qui nous tape la discut’ à l’entrée, d’une exposition de peinture qui vient de s’achever. On nous apporte une soupe à la tomate pour patienter. Entre les mets canadiens et italiens et les spécialités à base de fruits de mer, la carte est un peu pléthorique mais les plats ne sont pas mauvais.

De retour au gîte, on discute avec notre hôtesse qui parle le français du Québec avec une pointe d’accent anglais. Irma est, en effet, Canadienne anglophone. Elle nous explique qu’il y avait autrefois bien plus d’Anglophones qu’aujourd’hui dans la région (c’est sans doute la raison pour laquelle on lit beaucoup de noms anglophones dans les cimetières traversés lors de nos promenades en bord de mer). Il neige beaucoup l’hiver cependant le déneigement des routes semble s’effectuer de manière très efficace car en vingt ans Irma n’a été empêchée qu’une seule fois de se rendre à son travail !

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