GR 34 : de Pordic à Saint-Brieuc

GR 34 : l’aventure continue !

De retour en Bretagne le temps des fêtes, quoi de mieux que de mettre à profit une journée pour arpenter les sentiers de ce bon vieux GR 34 ? Pour cette étape d’une journée, on choisit de partir de Pordic et non de l’embarcadère pour l’île de Bréhat devant lequel nous nous étions arrêtés lors de l’épisode précédent (GR 34 : de Bréhec à l’Arcouest).

Le point de départ de cette sortie hivernale est donc le domicile parental situé à Pordic. Figurez-vous que, cette fois-ci, nous sommes trois ! A force de parler du GR 34 en des termes laudateurs, on est parvenu à convaincre une amie de se joindre à nous. Ainsi, le groupe de randonneurs est aujourd’hui composé de Panda 1, Panda 2 et Panda 3.

A 8 heures 35, le peloton composé de trois marcheurs s’élance de la rue Chateaubriand. Il fait tout juste jour et, pour tout dire, le froid se fait sentir car le mercure ne dépasse pas cinq degrés. Comme lors du tout premier épisode de la série GR 34 (GR 34 : de Pordic à Bréhec), on emprunte le petit chemin en bas de la rue qui descend vers la plage du Vau Madec. Par endroits, le sol est recouvert de boue, il a dû visiblement pas mal pleuvoir ces derniers temps. La petite plage de galets en vue, on prend le chemin de droite en direction de Plérin. Le ciel est enveloppé d’une légère brume matinale.

Il faut une demi-heure de marche pour rallier la plage du Petit Havre, bien connue des Pordicais pour sa descente assez abrupte depuis le parc de stationnement, en partant de la plage du Vau Madec.

Il est très agréable de marcher ce matin d’autant que les rayons du soleil commencent à percer. On arrive sur la plage de Tournemine et son école de voile. Encore un peu de marche pour atteindre les Rosaires, la grande plage de Plérin. Le sentier nous mène sur la digue où les promeneurs et coureurs sont nombreux en cette fin de matinée. On déboule ensuite sur Martin Plage avant d’attaquer la montée, peut-être la plus raide jusqu’à maintenant, pour déjeuner sur le parc de stationnement qui permet d’accéder à la pointe du Roselier. Après 3 heures 18 de marche est donc venue l’heure du casse-croûte. Il y a certes des bancs mais on préfère manger debout car ils sont toujours recouverts par la rosée du matin.

La pointe du Roselier offre un magnifique point de vue sur la baie de Saint-Brieuc. Le Roher-Martin, ornée de sa croix, y trône en contrebas. Sa surface semble être peinte en blanc, peut-être pour prévenir tout risque de collision avec les bateaux.

On redescend pour arriver droit sur la plage de Saint-Laurent parsemée d’une multitude de coquillages (c’est sans doute la raison pour laquelle elle ne fait pas partie des plus fréquentées du coin).

Le port du Légué est en vue ! Soyons francs, le chemin qui y mène n’est pas la portion la plus agréable du parcours car le sentier suit la route. Quoi qu’il en soit, le Légué est devenu, ces dernières années, un lieu assez branché grâce aux bars (le QG, le Mar’mousse) et restaurants ( la Vieille Tour, la Cantine Éphémère) qui y sont implantés. Il y a même une boite de nuit, le Magnifik.

C’est au sortir du Légué qu’on se trompe de chemin. Il faut dire que le marquage n’est pas des plus clairs. Il n’est pas évident de distinguer à cet endroit les balises blanches et rouges de leurs confrères jaunes et rouges. Le marquage jaune et rouge nous conduit donc dans la vallée de Saint-Brieuc. C’est dans cette ville, où j’ai passé mes années de collège et de lycée puis trois ans à la fac de droit, que nous nous arrêtons aujourd’hui. En effet, la portion du GR 34 à l’Est de Saint-Brieuc n’est, selon nous, pas des plus excitantes. On se demande si on ne va pas « tricher » et reprendre vers Pléneuf-Val-André la fois prochaine, à moins qu’on décide de continuer le GR direction Ouest, à l’embarcadère pour l’île de Bréhat où nous nous étions interrompus la dernière fois.

Bilan de séance : on aura marché 21 kilomètres aujourd’hui entre 08 heures 35 et 14 heures 48 (c’est précis) avec une demi-heure de pause déjeuner et quelques petits arrêts boissons et en-cas.

Avant de clore cet article, je voudrais partager ici une adresse au cas où des randonneurs, désireux de cheminer le long du GR 34, chercheraient un hébergement. Entre les chambres d’hôte, hôtels et annonces Airbnb, les offres de service ne manquent assurément pas néanmoins, si mon avis vous intéresse, je recommande chaleureusement cette annonce Airbnb : https://www.airbnb.fr/rooms/17601078?location=Pordic&adults=1&guests=1&s=fBPYAyvT. La maison, qui appartient à des amis de ma famille, est en effet facilement accessible depuis le GR 34 (vos hôtes vous expliqueront à merveille comment rejoindre le sentier). La chambre est agréable et le petit-déjeuner copieux !

Jeu : saurez-vous repérer les balises ?

Québec : bilan

Une fois n’est pas coutume, commençons par faire la liste de ce que j’aurais pu emporter et ce de que j’ai transporté dans mon sac mais qui, tout compte fait, m’a été inutile !

Ce que j’aurais pu emporter :

  • des tongs car c’est toujours pratique dans les auberges et au sortir de la douche au camping ;
  • un sous-pull à manches longues parce qu’en Gaspésie, il a fait froid ;
  • un pyjama plus chaud, pour la même raison.

Ce que j’ai emporté mais dont je ne me suis au final pas servi :

  • les répulsifs anti-moustiques (peut-être ces bestioles sont-elles moins présentes en septembre ?) ;
  • le rouleau de papier toilette (les sanitaires des hôtels de plein air en sont pourvus) ;
  • mon short en jean (températures trop froides pour le porter) ;
  • les médicaments (pas de malades heureusement, mais on ne sait jamais, mieux vaut avoir quelques trucs avec soi) ;
  • le masque de sommeil (la tente était suffisamment opaque et, réflexion faite, je ne suis pas certaine de pouvoir supporter cet accessoire autour de ma tête).

Passons au bilan à proprement parler !

Cette petite virée dans la belle province fut fort sympathique. Comme d’autres avant moi, j’ai été marquée par la gentillesse et la spontanéité des Québécois. J’en oublierais presque leur accent et leurs expressions du type « c’est mon plaisir », « présentement » et j’en passe.

Si Montréal est sans doute une métropole agréable à vivre, je ne pense pas que ce soit vraiment mon style de ville. En tant que touriste, je ne trouve pas qu’il y ait beaucoup de choses à y voir. Riche en histoire, Québec est une cité, à mon sens, plus intéressante.

Bien plus que les villes, les parcs nationaux m’ont enchantée. Les trois que nous avons visités sont absolument splendides avec peut-être une petite préférence pour celui de la Gaspésie où je serais volontiers restée un jour supplémentaire. Camper dans ces parcs fut une superbe expérience que je recommande vivement. En effet, les emplacements sont très bien aménagés, ce qui est idéal pour des novices en la matière. La Gaspésie m’a beaucoup plu, découvrir cette partie du Québec vaut vraiment le coup. Mon cœur préfère néanmoins le nord de cette région, la Baie des Chaleurs et la vallée de la Matapédia étant, selon moi, un peu moins attrayantes.

Entre les taxes et les pourboires, manger au restaurant est assez onéreux pour une qualité pas toujours au rendez-vous. Les cuisines équipées des auberges de jeunesse (et de certains motels, paraît-il) permettent de se concocter son repas et de réduire ainsi les frais.

Québec, de tes paysages, je me souviens ! J’espère te retrouver un jour, pourquoi pas en hiver pour te voir revêtu de ton manteau blanc même si, dans le cas où je serais amenée à retourner au Canada dans les années à venir, un de mes souhaits les plus chers serait de découvrir la Colombie Britannique.

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Montréal : le Mont-Royal

Nous ne sommes pas encore allées au Mont-Royal alors en cette dernière matinée montréalaise, c’est le moment où jamais ! Avant de partir, on fait nos sacs et force est de constater qu’ils sont bien plus lourds qu’à l’aller. Il a fallu bien tasser pour faire rentrer les deux pots de pâtes d’arachide !

Un certain nombre de rues sont bloquées ce matin en raison du marathon qui sera couru demain. Le nouveau Mexicain, arrivé tard hier soir dans notre dortoir s’élancera sur le semi. Direction donc le parc du Mont-Royal où il est très agréable de s’y promener surtout quand il fait beau comme aujourd’hui.

De gros écureuils, qu’il faut se garder de nourrir, courent dans les allées. Ils sont cependant bien enveloppés, ce qui les empêche apparemment de monter aux arbres et provoque leur décès prématuré. On s’arrête au belvédère avant de faire une pause au chalet du Mont-Royal inauguré en 1932. La vue sur les gratte-ciels fait le bonheur des photographes.

On passe ensuite par le lac aux castors où les oiseaux sont rois. L’hiver, l’endroit se transforme en patinoire.

C’est une fois encore la rue Sainte-Catherine qui nus accueille. On déjeune tardivement dans une des nombreuses succursales des Trois Brasseurs. La brasserie est immense et parsemée d’écrans qui diffusent du baseball. La carte est un peu pléthorique, je choisis, pour ma part, un burger. Verdict : pas mauvais mais je trouve que l’ensemble manque de sauce pour compenser la cuisson très à point (c’est toujours ainsi au Canada) de la viande. Les Trois Brasseurs se présentent comme une micro-brasserie et il faut bien reconnaître que leur bière n’est pas mauvaise.

Après un dernier petit tour dans Montréal, il est temps de retourner à l’auberge chercher nos sacs. Comme lors de notre arrivée, on emprunte le bus 747. On met un peu plus de temps que prévu à cause des bouchons mais, pas de panique, on avait prévu large. L’Airbus A330 d’Air Transat atterrit à Roissy avec 55 minutes d’avance, les vents aidant. La belle province, c’est fini ! Il est temps de faire le bilan !

Montréal : le musée des beaux arts

Les lits superposés de l’auberge M Montréal sont plutôt bien conçus. Ils sont, en effet, dotés de rideaux, d’une lumière individuelle, d’un dossier permettant de s’adosser contre le mur et de plusieurs rangements, ce qui compense la petite taille de notre dortoir de quatre couchages. Malgré ces équipements, on ne dort pas si bien, la faute à une tronçonneuse mexicaine très constante dans son effort de ronflement. On profite du petit-déjeuner inclus dans le prix (composé de céréales, œufs, pain de mie et bagels) avant de mettre le cap sur le musée des beaux arts.

On comptait s’y rendre à pied sauf qu’il pleut des cordes si bien qu’on prend finalement le métro à mi-chemin. Le musée des beaux arts est particulièrement intéressant, c’est peut-être LE musée à visiter en priorité à Montréal. Les collections impressionnent par leur variété : peinture européenne (à partir du XIXe siècle), art moderne, art africain, Antiquité, design industriel. Après cette visite plutôt intense, on déjeune dans un restau de nouilles asiatiques situé à proximité du musée. Les nouilles ne sont pas mauvaises mais ce ne sont pas non plus les meilleures de ma vie.

On marche ensuite jusqu’au centre canadien d’architecture dont l’exposition est en ce moment intitulée « Utopie Radicali ». Rarement une exposition ne m’avait semblé si peu accessible. Je n’ai rien compris ni aux textes explicatifs ni aux œuvres en elles-mêmes… J’en ai discuté avec la jeune fille de l’accueil du centre qui a admis comprendre mon point de vue tout en rappelant que le CCA était principalement dédié à la recherche. Cependant, je ne vois pas trop l’intérêt d’ouvrir des expos au public si elles ne sont compréhensibles que pour une infime minorité.

On se promène le long de la rue Sainte-Catherine qui est très commerçante. On entre dans plusieurs boutiques, dont Roots, marque canadienne au style plutôt urbain (rien de très original selon moi).

Ce soir, on retrouve Frère pour manger des bagels. Avant de le rejoindre, on monte sur le toit du M Montréal où trône un spa sans lequel les clients peuvent gratuitement patauger. Il n’y a pas à dire, cette auberge de jeunesse offre un niveau de confort supérieur à bon nombre d’établissements du même type. La propreté est impeccable et, chose peu commune pour une auberge de jeunesse, les serviettes de toilette sont fournies et changées tous les jours. Mais revenons-en aux bagels ! Le rendez-vous est donné au Saint-Viateur, boulangerie spécialisée dans ces petits pains ronds à trou. On commande tous les trois le même bagel, à savoir le « traditionnel » garni de fromage frais et de saumon fumé. Il est absolument délicieux ! Pour terminer sur une note sucrée, on déguste tous à l’unisson un bagel au Nutella (je précise que la dose de pâte à tartiner est plus qu’honorable). Nous prenons un peu de temps à quitter le Saint-Viateur car il pleut à seaux. On choisit donc de rentrer en métro mais on se fait bien tremper le temps d’atteindre la station.

Retour à Montréal et découverte de la poutine

Ce matin, on avale les restes de pain et de confiture en guise de petit-déjeuner. Pas trop le temps de traîner car la voiture doit être rendue pour dix heures dans le vieux Québec. Après avoir réglé (124,95 dollars, ce qui fait de ce studio notre hébergement le plus cher), on file donc vers Québec. Une heure quinze plus tard, nous y sommes et, non sans avoir refait le plein d’essence, on ramène le char à bon port. Les formalités réalisées, on marche en direction de la gare routière de Québec. Nous avons un peu de temps devant nous car le bus part à 11 heures 30. Le trajet prend un peu plus de temps qu’à l’aller en raison des bouchons et d’un arrêt supplémentaire.

Arrivés à Montréal, on rejoint à pied notre auberge, la M Montréal (1245 rue Saint-André). Grande, branchée et proposant de multiples activités, elle semble faire partie de ces endroits où la jeunesse voyageuse du monde entier se donne rendez-vous. Le Mac, le portable dernier cri et les vêtements à la mode sont de rigueur. Après une petite visite des lieux, notre premier objectif est de faire une lessive, ce qui est facilité par le fait que l’auberge abrite en son sein plusieurs machines à laver et séchoirs.

On se rend ensuite à l’IGA situé tout près de l’auberge pour acheter du beurre d’arachide, de la levure (celle qu’on trouve en Amérique du Nord est un peu différente de celle disponible en Europe), des pépites de chocolat et du sirop d’érable. On retrouve ensuite mon frère en bas de l’auberge pour aller se manger une bonne vieille poutine des familles. Si la poutine est le passage obligé d’un voyage au Québec, j’appréhendais quelque peu cette dégustation, la faute à la réputation grasse et bourrative de ce monument de la gastronomie canadienne. L’endroit où Frère nous emmène s’appelle Poutine Centrale (3971 rue Hochelaga). Ce n’est pas dans l’hyper-centre de Montréal, ce qui explique peut-être pourquoi le restaurant n’est pas très fréquenté ce soir. Je choisis la poutine « Petite Italie » composée de frites, de fromage et de sauce bolognaise. Verdict : je m’attendais à pire ! Je parviens presque à finir ma portion (je précise avoir commandé une petite et non une grande). C’est la peau du ventre bien tendue que nous rentrons au bercail.

Le Bas-Saint-Laurent

On prend le petit-déjeuner en compagnie d’un coupe de retraités québécois originaires d’une région située au Sud de Montréal. La dame est issue d’une (très) grande famille, sa mère ayant eu au total 23 enfants (mais tous n’ont pas survécu), ce qui s’expliquerait notamment par le fait que son père avait « peur du curé ». Avant de plier bagage, nous discutons avec notre hôtesse qui nous parle de la vie dans cette bonne ville de Sayabec en hiver. Avec des températures frôlant les -30 degrés, mieux vaut être correctement équipé ! On apprend qu’une station de ski est située dans les environs. Elle ne comprend qu’une seule piste alors que le prix du forfait est élevé. Il fait si froid qu’un local chauffé attend les skieurs au sortir du télésiège avant de se lancer dans la descente…

Suivant les conseils de Mélanie, on s’arrête à la Fromagerie des Basques située sur la commune des Trois-Pistoles. On mange des sandwichs achetés sur place. La fromagerie vend un certain nombre de produits comme du lait, du pain et divers plats préparés. Elle est ouverte 24 heures sur 24 ! Le fromage fabriqué ressemble à du cheddar. On peut en acheter sous plusieurs formats mais rien n’est disponible à la coupe, tout étant déjà préemballé. La fromagerie gère également un restaurant, je vous laisse imaginer l’ingrédient de base des plats au menu.

Avec ses presque 20 000 habitants, Rivière-du-Loup est le chef-lieu de la municipalité régionale du comté qui porte le même nom. Le musée du Bas-Saint-Laurent permet d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de la ville qui fut un important carrefour ferroviaire jusqu’à la moitié du XXe siècle. Le musée présente de nombreuses photographies anciennes de la ville et de ses habitants ainsi que des expositions d’artistes locaux. L’entrée coûte 7 dollars, je ne dirai pas qu’il s’agit là d’un passage obligé mais quand le temps est pluvieux…

On se rend ensuite au parc des chutes de Rivière-du-Loup. Les dites chutes seraient hautes de 30 mètres, le hic, c’est qu’on ne les a pas vues… En effet, pas de torrent d’eau comme sur les photos visibles sur Internet. Est-ce parce que le débit a été réduit par une manœuvre de la centrale hydroélectrique ? Quoi qu’il en soit, on se promène dans ce très agréable parc qui est sillonné par plusieurs sentiers.

Il est temps de mettre cap sur l’Islet où nous avons réservé, une fois n’est pas coutume, un studio dans une résidence de tourisme répondant au doux nom de Studios Vacances Marchant de Bonheur. L’accueil des propriétaires est des plus sympathiques. La demeure est, de surcroît, très bien décorée, notamment grâce aux œuvres d’art de Monsieur. Notre appartement est dédié à Gabrielle Roy, écrivaine québécoise décédée en 1983, dont plusieurs romans ornent la table de chevet. Le studio est propre et particulièrement bien équipé, ce qui en fait sans aucun doute une base agréable pour découvrir la région. Par ailleurs, nous avons une belle vue sur l’imposant jardin qui est même agrémenté d’un petit étang.

On se fait cuire des pâtes avant de ranger les sacs car il nous faudra rendre la voiture demain matin à Québec. Bref, ça sent la fin de campagne !

De Miguasha à la vallée de la Matapédia

Au gîte Leblanc, le petit-déjeuner est délicieux. Au menu : muffins, pancakes aux myrtilles, confiture maison. C’est le ventre bien plein que nous mettons le cap sur le parc national de Miguasha, parc très différent de ceux que nous avons pu visiter jusqu’à présent en ce qu’il est consacré à la paléontologie. En effet, Miguasha est le site le plus riche au monde en fossiles du Dévonien, d’où son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les frais d’admission payés (20 dollars par personne), on regarde un film sur le parc avant d’assister à une présentation passionnante consacrée à un fossile trouvé en 2010 familièrement surnommé le Roi de Miguasha.

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Un musée revient sur l’évolution et présente de nombreux fossiles découverts sur le site. Une visite guidée d’une trentaine de minutes nous emmène sur le rivage arpenté par les paléontologues.

La visite de ce parc national est intéressante en ce qu’elle met la paléontologie à la portée de tous. Ceci étant dit, inutile de prévoir trop de temps sur place car, contrairement aux autres parcs nationaux du Québec, celui de Miguasha n’est pas parsemé de sentiers de randonnée.

Ce mardi 18 septembre marque le grand retour de la pluie et du froid… On mange du pain, du jambon et du fromage dans la voiture avant de prendre la direction de Pointe-à-la-Croix, localité célèbre pour abriter le lieu historique national de la bataille de la Restigouche. Malheureusement, nous trouvons porte close. Il faut savoir que passé mi-septembre, un nombre important de lieux d’intérêt et restaurants ferment au Canada.

Petite vile au confluent des rivières Restigouche et Matapédia, Matapédia semble perdue dans la forêt. On trouve un point d’informations touristiques (il s’agit d’un kiosque en bois, les documents sont en libre service) où nous mettons la main sur un dépliant avec les randos du coin mais la pluie nous décourage… On continue donc la route vers Amqui, toujours accompagnés par la grisaille et la pluie. On y fait quelques courses au supermarché Métro avant de gratter du wifi chez Dollarama afin de suivre la rencontre de Ligue des Champions opposant le FC Liverpool au Paris Saint-Germain (les lecteurs réguliers de ce blog doivent se dire que nos vies tournent autour du football…).

On s’arrête à plusieurs reprises admirer le lac Matapédia.

Le hic, c’est que le ciel est très gris, ce qui fait qu’on ne voit pas grand chose… Bref, autant dire que cette journée ne restera pas gravée comme la meilleure du séjour. Le Routard est, par ailleurs, assez peu disert sur la vallée de la Matapédia. Peut-être aurions-nous dû passer un peu plus de temps du côté de Percé pour nous rendre sur l’île Bonaventure ?

On atteint Sayabec, note lieu de villégiature d’un soir. Non répertoriée par le Routard, la ville n’est sans doute pas pourvue d’un grand intérêt sur le plan touristique. Lorsque nous arrivons au Gîte du Relais Dort, la température frôle péniblement les dix degrés. Nous y sommes accueillis par Mélanie, la propriétaire du lieu. Elle nous montre les denrées à notre disposition pour le petit-déjeuner (entre le pain de mie, les bagels, les yaourts et les fruits, il y a du choix). Elle nous permet de faire cuire nos pâtes dans la cuisine pour le dîner. Ce soir, nous sommes les seuls « voyageurs » à dormir ici, preuve que la saison touristique touche à sa fin.

La Baie des Chaleurs

Les environs sont calmes et les draps sentent bon, tout est donc réuni pour passer une belle nuit de sommeil aux Acres Tranquilles. Et que dire du petit-déjeuner ? Absolument délicieux ! On a le choix entre pain perdu et omelette jambon poivron et les deux sont succulents ! Le yaourt fait maison, les pâtés et les petites pâtisseries valent également le détour. Une impressionnante collection de théières et de salières orne les murs. Nous payons 80 dollars pour la chambre avec petit-déjeuner inclus.

Notre première étape de la journée est la petite ville de Hope où on marche le long d’un petit sentier menant à un rocher percé. Le dit rocher est occupé par toute une colonie d’oiseaux.

On poursuit avec Paspédiac et son site historique du banc de pêche qui retrace l’histoire du complexe de pêche et de construction navale construit à la fin du XVIIIe siècle par Charles Robin. Grâce à lui et à son compatriote Le Boutillier (ils sont tous les deux de Jersey), Paspédiac devient une plaque tournante du commerce de la morue. Certaines bâtisses sont aujourd’hui aménagées en musée. On y sent encore des odeurs de morue et de vieille charpente.

Mention spéciale au forgeron qui nous offre un clou travaillé par ses soins. L’entrée au site coûte 12 dollars.

On fait quelques courses au supermarché IGA de Paspédiac avant de pique-niquer sur la « halte municipale » de cette même ville. Si vous prenez la route au Québec, impossible de passer à côté de ces haltes qui sont généralement pourvues de tables en bois, de toilettes et d’une cabine téléphonique. Ces aires ont l’air d’être une institution ici car chaque localité a la sienne.

La route 132 nous amène à Bonaventure qui abrite le musée acadien dont l’entrée coûte 12 dollars. On y apprend plein de choses sur les Acadiens, principalement venus du Poitou, dont l’histoire a été marquée par un exil forcé par les Anglais plus connu sous le nom de « grand dérangement ».

A Bonaventure, il y a une gare ferroviaire. Renseignements pris au musée, elle n’accueille plus le moindre passager depuis quatre ans car les travaux promis par le gouvernement ne sont toujours pas effectués. La gare est donc désaffectée : ses vitres sont brisées et ses alentours sont jonchés de détritus. Le chemin de fer ne se porte visiblement pas très bien en Gaspésie.

L’arrêt suivant est New Richmond. Pas grand chose à signaler, il faut bien le dire. On marche le long de la marina où se massent les pêcheurs à la ligne.

On atteint Carleton-sur-Mer, localité dans laquelle nous allons passer la nuit. Le phare de Carleton est, selon les dires de notre hôtesse, purement touristique dans le sens où il ne guide aucun bateau. Ses alentours offrent malgré tout une belle vue sur la mer et sur les bancs de sable. Il est apparemment possible de monter en haut du phare (on l’a su trop tard).

Le centre culturel Quai des Arts met à disposition des visiteurs un dépliant présentant les sentiers de randonnée qui sillonnent la ville. On emprunte celui de l’Eperlan qui nous mène jusqu’à une chute d’eau.

Il est l’heure de rejoindre notre maison d’hôte, le gîte Leblanc. L’accueil est sympathique et la maison très propre. Notre chambre dispose d’un petit lavabo, la salle de bain étant partagée (mais nous sommes en fait les seuls à l’utiliser). Ici, à Carleton-sur-Mer et dans ses environs, les téléphones portables ont tendance à se mettre à l’heure du Nouveau-Brunswick, c’est-à-dire 60 minutes plus tard par rapport à l’heure légale au Québec !

Pour le dîner, on se rend au Marin d’eau douce, restaurant spécialisé dans les poissons et fruits de mer. La file d’attente est longue mais cela vaut le coup de patienter car les plats, tout particulièrement le suprême de saumon à l’amérindienne, sont délicieux.