Il fait particulièrement chaud dans cette petite chambre sans fenêtre de la Black Jue B&B. Certes, elle est équipée de climatisation et d’un ventilateur mais ces deux équipements sont bruyants (déjà qu’on a débranché le frigo…). Le petit-déjeuner est composé de délicieux buns aux différentes saveurs. Après avoir copieusement mangé, note crainte est d’être malade sur le bateau pour l’ile verte car, d’après ce que nous avons lu, de nombreux passagers se font porter pâles…

En effet, si le bateau est aujourd’hui peu rempli, force est de constater que les sacs plastiques ne sont pas là pour rien. Panda 2 en sait d’ailleurs quelque chose… Heureusement, tout rentre dans l’ordre une fois le pied posé sur la terre ferme ! Sur le port de l’île verte, les loueurs de scooters proposent leurs services. Pour nous, la priorité est cependant de trouver la maison d’hôte, la Green Island Dolphin House, dans laquelle nous avons réservé pour une nuit. On la repère, on s’adresse à la dame sur la terrasse mais celle-ci ne semble pas comprendre. On en déduit donc que c’est plus loin. Néanmoins, devant l’évidence, on y retourne et figurez-vous que c’est bien là ! Le problème, c’est qu’ils n’attendaient visiblement pas de clients aujourd’hui… En effet, la gérante nous explique (conversation menée comme hier par le biais d’un téléphone portable) qu’elle a prévu de prendre le bateau cet après-midi pour Taitung. Cela ne nous dérange pas de rester seuls donc on investit les lieux. On paye un peu moins cher (2600 dollars) que prévu car la gérante (vu qu’elle part) ne sera pas en mesure de préparer le petit-déjeuner. La chambre est spacieuse (comme ils disent ici, c’est une quadruple avec deux grands lits doubles), il s’agit de la plus grande que nous avons connue jusqu’à présent. La gérante propose de nous vendre des billets pour la célèbre source chaude, ce que nous acceptons. Nous les payons 180 dollars par personne alors que le tarif normal serait de 200 dollars.

Il est maintenant temps de nous procurer un moyen de locomotion ! J’avais lu qu’un service de bus permettait de faire facilement le tour de l’île, cependant nous n’en avons croisé aucun ! Peut-être parce que nous sommes en basse saison ? Se procurer un vélo ? Ce n’est sans doute pas infaisable même si l’île n’est pas toute plate. Un vélo électrique ? Le concept n’a pas l’air développé ici. La seule alternative semble être incarnée par le scooter électrique. La gérante de la maison d’hôte (qui doit entretenir des relations privilégiées avec un loueur) fait signe à deux types en scooter de nous emmener jusqu’à un magasin. On monte derrière chacun d’eux sans casque (ce qui a l’air d’être une coutume sur l’île verte et qui tranche avec le « continent » où tout le monde en porte un), heureusement c’est genre à deux cents mètres. La transaction étant des plus rapides, nous sommes quelques minutes plus tard heureux locataires du splendide vélomoteur électrique que voici :

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La batterie est prévue pour durer une quarantaine de kilomètres, ce qui est suffisant pour faire le tour de l’île (environ 20 kilomètres). Quand elle s’amenuise, il suffit de revenir chez le loueur pour la changer. La location coûte 600 dollars (auxquels il faut ajouter 1 000 dollars de caution), soit un peu plus cher que celle d’un scooter classique. Si le scooter électrique n’est pas neutre écologiquement, il constitue en tout cas une option crédible au bruit et à la fumée.

C’est donc parti pour un tour de l’île de folie ! Notre premier arrêt, c’est le Family Mart où nous achetons quelques victuailles pour le déjeuner. On les mange face à la mer non loin du parc national des droits de l’homme, ancienne prison réaménagée en mémorial en hommage aux victimes de la terreur blanche et de la loi martiale. Le paysage est absolument magnifique entre les collines et la superbe couleur de l’eau qui caresse les rochers. Il fait chaud aujourd’hui, le mercure doit approcher les trente degrés.

On poursuit notre route, nous arrêtant comme bon nous semble. On ne croise pas beaucoup de monde sur la route en ce vendredi mais au vu des files impressionnantes de scooters de location, il doit en être tout autrement en haute saison.

On marche le long du sentier de 1,8 kilomètre qui monte sur les hauteurs de l’île. Il est pavé et comprend un certain nombre de marches. On s’engage ensuite sur un autre chemin beaucoup plus sauvage. On entend des bestioles de partout et on touche de grandes toiles tissées par des araignées en plein milieu du sentier. Ce sont ces dernières, bien plus imposantes que leurs homologues européennes, qui nous font rebrousser chemin. En plus des araignées, on aura vu deux espèces de biches, une multitude de lézards et deux serpents. Bref, si la possibilité de rencontrer ce type de bestioles vous effraie, cette petite randonnée n’est peut-être pas faite pour vous !

On remonte sur le terrible engin pour gagner la source d’eau chaude salée (il n’en existe que trois sur la planète) de Zhaori. Les vestiaires sont un peu désuets, on se croirait dans une vieille piscine municipale.

Certains bassins sont très chauds (je n’ai pas réussi à faire trempette dans celui à 43 degrés), d’autres moins. Ils offrent une très belle vue sur l’océan. Le port du bonnet de bain étant obligatoire, nous sommes forcés d’investir (cent dollars les deux) à défaut de pouvoir en louer. Après cette sympathique baignade, on gravit l’escalier menant à la petite colline surplombant les piscines. La nuit étant presque tombée, on rentre à la maison d’hôte après une escale chez le loueur de scooters afin de changer notre batterie. Il fait faim alors on reprend notre cheval d’un jour pour nous mettre en quête d’un restaurant. Malheureusement, celui répertorié dans le Lonely Planet est fermé. On se rabat alors sur le seul dans lequel il semble y avoir un peu de monde. A mon sens, l’île verte est un peu trop touristique pour que les restaurants y soient si bons qu’ailleurs à Taïwan. Nos plats ne sont certes pas mauvais mais rien non plus d’extraordinaire. En plus, ils se sont trompés sur le plat pourtant soigneusement sélectionné par Panda 2 (qui, entre la morsure de caniche et le mal de mer, joue de malchance ces dernières vingt-quatre heures). L’addition s’élève à 700 dollars, ce qui est assez cher.

On repasse à la maison d’hôte rassembler nos vêtements sales car c’est jour ou plutôt soir de lessive ! On a repéré une laverie ouverte 24/24 située juste à côté du 7 Eleven donc on saute sur l’occasion. En plus des traditionnelles machines à pinces, d’autres distractions sont là pour débaucher le client (genre des distributeurs de produits divers et variés tels des figurines de cochons, des mini-sandales Adidas, des chiens en cuir estampillés Luis Vuitton !). On choisit la machine à laver de moyen calibre qui coûte 120 dollars (la lessive est vendue 10 dollars). Une jeune femme nous aide pour la sélection du menu car cette étape n’est pas traduite en anglais. Pour utiliser les séchoirs, il faut compter 10 dollars les quatre minutes. Tous les vêtements n’étant pas secs, on est forcé de s’y reprendre à plusieurs fois. C’est certes un peu long mais, avec un bon bouquin, ça passe bien !

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