Traumstadt Bamberg

Bamberg étant incontestablement l’une des plus jolies villes de Bavière, profiter de notre séjour à Erlangen pour aller y faire un saut a été voté à l’unanimité. Retourner dans cette « ville de rêve » (Traumstadt), c’est aussi se remémorer des souvenirs de notre année Erasmus car Bamberg est la première ville que nous avions visitée, quelques jours après notre arrivée, grâce aux excursions organisées par le service « accueil des étudiants étrangers » de l’université d’Erlangen.

Bamberg est située à une demi-heure de train d’Erlangen. Force est de constater que c’est l’affluence des grands jours sur les quais à Bamberg. La gare est, en effet, remplie de jeunes gens vêtus de Dirndl et Lederhosen qui attendent le train pour Erlangen où se déroule Bergkirchweih, la bien-aimée fête de la bière. Certains arpentent les quais bière à la main en diffusant de la musique traditionnelle bavaroise…

On prend la direction du centre historique célèbre pour son architecture à la fois médiévale et baroque. Il y a du monde dans les rues peut-être parce qu’a lieu aujourd’hui une sorte de fête du vin (est-ce pour faire concurrence à Erlangen qui célèbre au même moment la bière ?).

 

Un copain allemand nous rejoint, c’est très sympa de le revoir ! On continue à déambuler dans la ville et on redécouvre avec plaisir le splendide Rosengarten (jardin aux roses).

 

Entre les librairies, papeteries, boutiques de déco et de vêtements, les rues de Bamberg son très commerçantes. A l’heure du déjeuner, on prend place chez Eckerts (Obere Mühlbrücke 9), sympathique restaurant allemand où les plats sont très réussis (et la bière n’est pas en reste). On descend ensuite sur les berges pour admirer les maisons colorées devant lesquelles trônent quelques barques.

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L’ancien hôtel de ville de Bamberg est sans aucun doute un des bâtiments les plus remarquables de la cité. Si l’édifice originel date de 1387, il fut reconstruit entre 1461 et 1467 puis arrangé à la mode baroque vers 1750.

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Grâce à notre pote allemand fin connaisseur de Bamberg, on emprunte l’adorable bac (= une grosse barque) pour rejoindre l’autre rive. La traversée coûte un euro mais sachez qu’il existe un abonnement à l’année !

 

Si on a pris le bac, c’est pour goûter la fameuse Rauchbier (bière fumée) à la Brauerei Spezial (Obere Königstraße 10). La brasserie est très fréquentée en ce samedi après-midi. La bière fumée, c’est un peu particulier mais, comme on dit, il faut toujours goûter aux spécialités ! C’est sur cette découverte que s’achève notre escapade à Bamberg. Il est temps pour nous de regagner Erlangen pour profiter de la fin de la journée et de la soirée à la fête de la bière.

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A toi, Erlangen

Erlangen,

Au plus grand nombre, ton nom n’évoque rien, pas même un vague souvenir de cours d’histoire ou de géographie. Je dois bien avouer que moi-même, avant d’apprendre que ton université était jumelée avec la mienne, j’aurais été bien incapable de te situer sur une carte.

Si ta voisine Nuremberg est là pour nous rappeler les heures les plus sombres du XXe siècle, ton nom, Erlangen, n’est pas associé dans l’inconscient collectif à la barbarie nazie. Pourtant, comme de nombreuses cités allemandes, tu ne fus pas épargnée par les autodafés, l’antisémitisme et les déportations.

La place que tu occupes dans mon cœur, Erlangen, n’est pas liée à un quelconque statut de ville d’art et d’histoire ou à une toute autre appellation pompeuse. Certes, tu n’es pas dénuée de charme, Erlangen, mais n’est pas Heidelberg qui veut. Si je te voue tant d’admiration, Erlangen, c’est parce qu’à la jeunesse, l’amitié et l’amour, tout ce qui marque nos plus belles années, tu y es intrinsèquement rattachée.

Je me souviens, Erlangen, de l’étudiante de vint-et-un ans que j’étais, débarquant dans ta gare traînant deux valises et un sac à dos. Si je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre pour cette année Erasmus en devenir, la curiosité a rapidement pris le pas sur l’appréhension. Nous nous sommes, en effet, très vite apprivoisées, Erlangen, si bien qu’au bout de quelques semaines, nous n’avions presque plus de secrets l’une pour l’autre.

Cela faisait plusieurs années que nous ne nous étions pas revues, Erlangen, mais le plaisir est toujours le même tellement tant de lieux me rappellent des souvenirs, sans doute magnifiés par le temps. Plein de rencontres, des petits riens, toutes ces choses que les photographies ne sauraient capter et que j’espère ne jamais oublier.

C’est toujours avec joie que te retrouve, Erlangen, avec néanmoins une pointe de nostalgie qui alourdit mon cœur quand je dois te quitter. Telle une vieille maîtresse qu’on ne peut se résoudre à laisser tomber, tu resteras, Erlangen, encore longtemps dans mes pensées.

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Erlangen : on s’était dit rendez-vous dans dix ans

Retourner dix ans après à Erlangen, ville hôte de notre année Erasmus ! C’est le défi que nous nous étions lancées et que nous avons brillamment relevé !

Avec trois amies françaises rencontrées à Erlangen au cours de cette fabuleuse année universitaire 2008-2009, on s’était dit, comme le chante Patrick, « rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, même pomme (pomme et non port, il faut bien que ça rime avec grands hommes) ». Juin 2019, pari tenu, voici le quatuor réuni à Erlangen alors qu’on ne se voit pas toutes si souvent.

Erlangen n’est certes pas répertoriée dans notre Routard national néanmoins je ne m’y suis pas ennuyée pendant mon année Erasmus, loin de là. Pour réparer cette injustice, voici une petite liste des choses à faire dans cette bonne ville du Nord de la Bavière !

  1. S’y rendre

Quand j’étais étudiante et les fois où j’y suis revenue ensuite, je me suis toujours rendue à Erlangen en train. Alors, certes, le trajet prend un peu de temps (depuis Paris, il faut changer plusieurs fois de train) mais c’est tout à fait faisable.

Je me souviens avoir regagné Erlangen avec Eurolines après les vacances de Noël passées en France et que le voyage n’avait pas été de tout repos en raison de la neige qui bloquaient un certain nombre d’autoroutes dans le Sud de l’Allemagne.

Pour nos retrouvailles des dix ans, nous avons opté pour l’avion (certes moins écologique que le train). Air France assure en effet des vols entre Paris et la deuxième ville de Bavière. En réservant à l’avance, il y a moyen de s’en tirer pour une centaine d’euros. Le bus 30, qui s’arrête devant l’aéroport de Nuremberg (qui est très petit), vous amènera dans le centre d’Erlangen.

A Erlangen, le vélo est roi ! Il ne me semble pas avoir vu de vélos en libre-service dans la ville mais il y a sans moyen d’en louer quelque part. Quand j’y habitais, j’étais l’heureuse propriétaire d’une petite reine (j’en ai en fait possédé deux, la première, achetée aux enchères grâce à un billet de 50 euros trouvé dans la rue, m’ayant lâchée).

2. Hébergement

Je n’ai malheureusement pas beaucoup de conseils à donner sur ce point. En effet, si j’avais dormi dans une auberge de jeunesse le soir de mon arrivée en tant qu’étudiante (la remise des clés de mon studio était fixée au lendemain), mes recherches pour retrouver l’adresse du lieu sont restée vaines. Peut-être a-t-elle mis la clé sous la porte ? Quoi qu’il en soit, des hôtels sont prêts à accueillir les voyageurs. Autre solution, louer un appartement via Airbnb, ce que nous avons fait lors de notre réunion d’anciennes combattantes. L’appart était en plein centre ville donc idéalement situé. Pour trois nuits, nous avons payé chacune un peu moins de 130 euros. Alors, oui, ce n’est pas donné comparativement à d’autres villes allemandes mais il n’y a pas beaucoup d’offres sur Erlangen qui est devenue une des villes les plus chères du pays en ce qui concerne l’immobilier.

3. Restaurants

A l’heure du dîner, je suis parfois allée au Tio (Südliche Stadtmauerstraße 1A), restaurant italien visiblement plutôt bien noté sur Google. Une fois ou deux, je suis allée manger à la Crêperie Luther’s sur la Martin-Luther-Platz mais je ne suis pas certaine qu’elle existe toujours (ce qui ne serait pas non plus un drame car la Bretonne que je suis n’en garde pas un souvenir extraordinaire). Lors de notre retour à Erlangen, nous avons constaté que de nombreux restaurants, notamment italiens et de burgers, avaient vu le jour.

Comme de nombreuses villes allemandes, Erlangen regorge de kebabs (qui sont généralement meilleurs qu’en France) et de restaurants asiatiques néanmoins, dans le genre traditionnel allemand, j’ai une adresse à vous suggérer ! Le restau, qui répond au doux nom de Drei Linden, est situé dans le vieux Erlangen (Alterlanger Straße 6). Du centre-ville, on peut facilement s’y rendre à pied ou à vélo (le chemin est agréable, on a l’impression d’être au milieu des champs) pour manger un gros Schnitzel.

Pour palier les petits creux, mes amies couraient au Yoghurt-Bar (Untere Karlstraße 15), boutique spécialisée dans le yaourt glacé. Envie de pain, d’un sandwich ou d’un gâteau ? Der Beck est une chaîne locale de boulangeries et Erlangen en abrite un certain nombre de succursales. A mon sens, c’est une valeur sûre, notamment pour le petit-déjeuner !

De petit-déjeuner (ou plutôt de Frühstück), parlons-en ! Le Mengin (Schloßplatz 5) est un café-pâtisserie où l’on aime prendre son temps le dimanche matin. Je ne sais pas si c’est le meilleur rapport qualité prix d’Erlangen pour ce type de prestation mais c’est là où nous allions (et où nous sommes retournées !).

4. Assez disserté sur les restaurants, passons aux lieux de débauche !

Le Kanapee (Neue Straße 50) est sans aucun doute un des bars les plus fréquentés d’Erlangen. Haut lieu de la vie étudiante, ce bar au cadre chaleureux fait figure de QG pour un certain nombre de jeunes gens.

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Pour boire un cocktail, je vous recommande le Havana Bar (Engelstraße 17) où, à la grande époque, les gens venaient danser la salsa. Le Nachtcafe-Smile (Fuchsengarten 1) me rappelle d’éminents souvenirs car c’est dans ce bar qu’avait lieu le Stammtisch (comprendre la table des habitués) Erasmus tous les lundis soirs. Évidemment, en dix ans, un certain nombre de bars ont fermé, remplacés par d’autres que je ne connais guère. Nous sommes repassées devant le Schwarzer Ritter (Paulistraße 10), établissement un peu glauque qui a pour particularité d’ouvrir très tard et de fermer tôt le matin. C’est typiquement le genre de lieu où on se retrouve, on ne sait trop comment, au sortir de boîte…

Quand j’étais étudiante à Erlangen, je fréquentais avec une assiduité certaine les « Kneipen » (que l’on pourrait traduire par bistrots) organisées, selon un calendrier bien défini, par les différentes résidences étudiantes. En gros, il y a chaque jour de la semaine moyen d’aller picoler dans le bar (ou plutôt la cave vu que les festivités se déroulent souvent en sous-sol) des résidences. Le grand avantage, c’est que la bière y est particulièrement bon marché… Le jeudi, la fête se terminait au petit matin.

Puisqu’on parle de fête, venons-en aux boîtes de nuit et force est de constater que cette bonne ville d’Erlangen est plutôt bien lotie ! Ma préférée est peut-être l’E-Werk (Fuchsenwiese 1). Installée dans une ancienne centrale électrique, elle accueille de très nombreux concerts et soirées festives, parmi lesquelles les célèbres soirées Après-Berg (voir ci-dessous). Le Zirkel (Hauptstraße 105) est un haut-lieu des soirées étudiantes, c’est là qu’avaient lieu les Jura-Partys, autrement dit les soirées des étudiants en droit (confrérie dont je faisais fièrement partie). Je m’aperçois que certaines boîtes que je fréquentais n’existent plus (quelle tristesse…). Le Paisley trône toujours au 15 de la Nürnberger Straße mais ce n’était pas vraiment l’établissement qui avait nos faveurs.

5. Bergkirchweih

J’en arrive à l’événement festif annuel, j’ai nommé Bergkirchweih ! C’est sous ce nom, qui peut paraître imprononçable aux non-germanophones, qu’est désignée la bien-aimée fête de la bière. Celle-ci a lieu fin mai début juin sur une dizaine de jours. Chaque année, Berg pour les intimes est attendue avec une impatience non dissimulée et son épilogue est arrosé par des larmes de tristesse. La fête se déroule dans un parc situé sur une petite colline. Comme vous pouvez l’imaginer, la bière coule à flots et les convives dansent sur les tables au rythme des Schlager (chansons populaires aux textes pas très recherchés) et c’est la fête jusqu’à 23 heures (pas de panique, les réjouissances peuvent se poursuivre dans les boîtes de nuit). La Berg, c’est également des manèges, des étals de confiseries et des saucisses !

Normalement, il fait beau même si on a connu quelques soirées pluvieuses (ce qui est ballot car la fête se déroule en extérieur). Nombreuses sont les filles en Dirndl et les garçons en Lederhosen. Ce type de robe étant cher à mon cœur, j’ai fini par en acheter une lors de mon stage de fin d’études à Stuttgart (qui a également sa fête de la bière). Je la porte dès que possible et autant dire qu’elle était de sortie lors de notre retour à la Berg (et ensuite à l’E-Werk) pour les dix ans de notre année Erasmus ! On trouve Dirndl et Lederhosen un peu partout pendant la fête de la bière et à tous les prix. La mienne m’avait coûté un peu plus de 100 euros. Aux Arcaden (centre commercial d’Erlangen), une boutique éphémère avait même pris ses quartiers.

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Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup la Berg, sa bière et ses Dirndl. Lors de notre retour en juin 2019, elle était remplie de jeunes gens, vraisemblablement pour la plupart étudiants (Erlangen étant une grosse ville universitaire). J’envie leur jeunesse et leur insouciance, sans doute parce qu’ils me rappellent une époque révolue et sont malgré eux le symbole du temps qui passe.

Fin de partie pour l’instant nostalgie, vous trouverez toutes les infos sur la Berg en cliquant sur ce lien.

6. Choses à voir

Erlangen ne regorge pas d’attractions touristiques, c’est sans doute la raison pour laquelle les guides touristiques ne lui font pas la part belle. Si l’on en croit Trip Advisor, il ne faut pas manquer la visite du jardin botanique. Cela tombe bien, elle est gratuite !

Le jardin botanique est très agréable mais, soyons honnêtes, ce n’est pas non plus le plus fou que j’ai visité dans ma vie. Ce jardin est en fait une partie du Schlossgarten, le grand parc de la ville où l’on aime s’installer sur la pelouse en été. C’est là que se déroule annuellement la Schlossgartenfest, la soirée « mondaine » de l’université (à laquelle je n’ai jamais assisté).

Erlangen abrite certes plusieurs musées mais je dois admettre n’en avoir visité qu’un seul, le Stadtmuseum qui retrace l’histoire de la ville. Je sais qu’il y a également un musée médical Siemens (l’entreprise étant le premier employeur à Erlangen) néanmoins aucune de mes connaissances ne semble y avoir mis les pieds.

7. Bilan

Fêter les dix ans de notre année Erasmus est et restera une expérience mémorable. Ce séjour du souvenir fut à la fois drôle et émouvant, comme le sont souvent les retours aux sources. Je ne sais pas si on renouvellera ces retrouvailles dans dix ans mais cette perspective nous fait déjà bien rire. Bref, merci à vous, les filles, merci à toi, Erlangen, pour tous ces bons moments, et, je l’espère, à bientôt !

La chanson (certes un peu tombée dans l’oubli) « Le Bilan » de Jacky et Ben-J résume assez bien l’ambiance de notre Erasmus + 10 :

"Le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé
Qui aurait pu s'imaginer que le temps se serait vite écoulé
On fait le bilan calmement en s'remémorant chaque instant
Parler des histoires d'avant comme si on avait cinquante ans"
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