Alishan et ses arbres millénaires

La nuit est paisible au Zhongshan Hostel. On a un instant craint d’avoir un peu froid dans cette grande chambre mais finalement aucun frisson à déclarer. Riz, poivrons, œufs brouillés, tartines, haricots verts, concombres sont au menu du petit-déjeuner. Le bus pour Alishan part à 11 heures 30, ce qui nous laisse le temps de refaire un petit tour dans les rues de Fenchihu. Une chose est sûre, nous avons été gâtés dans notre hôtel ! La gérante nous a, en effet, gratifiés de sachets de thé, de biscuits salés (genre Tuc) et de bouteilles d’eau.

A 11 heures 30, le bus arrive. On résiste aux avances d’un taxi qui propose de conduire les voyageurs à Alishan moyennant le quadruple du prix du bus en arguant que le bus est plein, ce qui s’avère faux. On paye le trajet grâce à nos cartes magiques ; il nous revient à une cinquantaine de dollars. Une heure plus tard, nous faisons notre entrée au parc national d’Alishan. Le ticket coûte 150 dollars par personne grâce à la réduction offerte aux usagers des transports publics (le conducteur du bus distribue des reçus à cet effet). Entrés dans le parc, on achète directement les billets de train pour admirer le lever de soleil (150 dollars par tête). On ne prend que l’aller car on compte redescendre à pied. On pose nos sacs à l’hôtel avant de faire un détour par le centre des visiteurs puis par le traditionnel 7 Eleven. Les choses sérieuses peuvent commencer !

On va serrer la pince à l’arbre géant Shuishan en suivant le sentier du même nom.

C’est dingue de se dire que cet auguste végétal a 2700 ans. En voilà un qui nous enterra tous ! On continue à cheminer le long de sentiers, notamment celui qui fait le tour du Sister Pound. Il n’y a pas trop de monde aujourd’hui dans le parc, il paraît que l’affluence est nettement plus forte en été. On croise tout de même quelques groupes de touristes avec leurs guides qu’on a l’impression d’entendre à des kilomètres à la ronde.

On passe devant d’autres arbres de taille impressionnante puis devant un temple.

Il est presque 17 heures et la nuit commence à tomber. On prend possession de notre chambre d’hôtel (au Gau Shan Ching Hotel) qui est conforme aux commentaires lus sur Booking, à savoir pas terrible. Il faut dire que nous n’attendions rien d’extraordinaire de cet établissement tellement il est mal noté. A 62 euros la nuit, il compte parmi les moins chers d’Alishan. On a vraiment l’impression que les clients n’y viennent que pour une nuit ou plutôt pour ne pas rater le lever du soleil. On va dîner assez tôt afin d’être en forme pour demain matin. On choisit le restaurant le mieux noté sur Google. Il semble un peu plus fréquenté que les autres car il faut s’inscrire sur une liste pour espérer s’assoir à une table. En attendant qu’il y en ait une de libre, on plaisante avec un couple d’Etats-Uniens qui a commandé plusieurs plats sans se rendre compte de la taille des assiettes. On finit par se joindre à eux et par partager leur dîner (évidemment on partage aussi l’addition) dans la joie et dans la bonne humeur !

Taïwan

Escale à Fenchihu

On a plutôt bien dormi pour cette deuxième nuit en dortoir malgré le vrombissement presque incessant d’une tronçonneuse (seuls trois lits sur huit étaient occupés, c’est quand même pas de bol de tomber sur un ronfleur). En plus du yaourt aux petits morceaux d’ananas, le petit-déjeuner se compose d’une part de quiche aux légumes (quelque peu sèche) assortie de salade.

On marche vers la gare pour prendre le train pour Chiayi (139 dollars par tête) où nous arrivons 38 minutes plus tard. On se renseigne sur les horaires des bus pour Fenchihu. Il s’avère que le prochain part à 12 heures 05 de la gare routière (juste en face de celle des trains), ce qui nous laisse le temps de procéder à un petit ravitaillement au Family Mart. Le bus arrive, nous voilà partis pour Fenchihu. On paye au moyen de nos EasyCard en badgeant à la montée dans le bus puis à la sortie. Le trajet coûte dans les 150 dollars. Un peu moins de deux heures plus tard, nous atteignons notre destination. On se rend tout de suite à l’hôtel, le Zhongshan Hostel (1 700 dollars la nuit), où l’accueil est très sympathique même si la gérante ne parle pas anglais.

Dans la petite gare sont exposées deux locomotives. La rue principale de Fenchihu rassemble un certain nombre de petites échoppes où sont vendus des produits locaux, essentiellement alimentaires. On y achète des fruits et ce qui ressemble à des croissants ronds avec un trou au milieu (c’est délicieux !). Une chose est sûre, il fait bien plus frais à Fenchihu qu’à Tainan, sans doute en raison de l’altitude.

Fenchihu est parsemée de plusieurs sentiers de randonnée. On en emprunte un certain nombre qui nous font passer devant des arbres remarquables par leur taille, par une très belle bambouseraie et par un petit temple.

On tombe sur le début d’un sentier de 6,4 kilomètres cependant il est un peu tard pour que nous puissions nous lancer dans cette randonnée d’une distance plus conséquente. On dîne dans ce qui semble être le restaurant principal de la ville. Situé dans la vieille rue commerçante, il est difficile de passer à côté. L’originalité, c’est que les convives mangent dans des boîtes métalliques. Si la spécialité de l’établissement est un plat avec du riz, des légumes, du porc et du poulet, une alternative sans viande existe (testée et approuvée).

On passe ensuite faire quelques emplettes au 7 Eleven situé juste au-dessus du restaurant avant de rentrer à l’hôtel où nous nous attelons à préparer la suite et la fin du voyage.

Taïwan

Tainan, entre temples et bonne bouffe

On a plutôt bien dormi dans notre dortoir de la Hii Hub. Les lits superposés sont confortables et l’agencement de la chambre bien pensé avec de grands casiers qui s’ouvrent grâce à la carte magnétique qui sert également à entrer dans la pièce. Le seul point négatif serait peut-être l’étroitesse de l’escalier, l’absence d’ascenseur (notamment pour les personnes dont la mobilité serait réduite) ainsi que la taille mini mini de la serviette mise à la disposition de chaque client. L’auberge est équipée d’une machine à laver et d’un sèche-linge. La lessive semble être disponible gratuitement, ce qui ferait de cette laverie une très bonne affaire.

Le petit-déjeuner nous attend ! On nous apporte une délicieuse verrine de fromage blanc à l’ananas puis une assiette garnie de pain (il y a même un morceau d’une sorte de grosse baguette à la française !), de compote, de champignons et de légumes.

Il est l’heure de partir à la découverte de Tainan ! On commence par le temple Wufei , dit des cinq concubines, avec sa petite cour tranquille parsemée d’arbres.

Le parc Nanmen est relativement paisible par rapport à l’agitation qui règne dans la ville même en ce dimanche. On traverse le marché aux fleurs avant de mettre le cap sur le temple Confucius.

En marchant dans les rues, le visiteur sera frappé par le nombre de restaurants proposant des menus spécialement pour le petit-déjeuner. Partout, on sent de bonnes odeurs ! Il semble bien que Tainan n’ait pas usurpé sa réputation de capitale taïwanaise de la gastronomie. On entre chez Hayashi, un des plus anciens grands magasins de Taïwan. Sauf erreur de ma part, vous n’y trouverez pas de grandes marques internationales mais de nombreux produits taïwanais, notamment des vêtements, des sacs, des cosmétiques et des articles de décoration.

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Alors qu’on pénètre dans le jardin Wu, on tombe sur un grand panneau publicitaire sur lequel est peint un bonhomme Michelin mangeant des dumplings. Le restaurant en question serait, en effet, répertorié dans le guide vert. Pour Panda 1 et Panda 2, par cette vision alléchés, le choix est vite fait d’autant qu’il est largement l’heure de manger ! Les dumplings sont à tomber, ils fondent littéralement dans la bouche. 325 dollars pour les meilleurs dumplings de ma vie (trois paniers de ravioles + un petit plat d’œufs brouillés).

La tour Chihkan est une des curiosités de Tainan. Les fondations de cet ancien fort ont été bâties par les Néerlandais en 1653. L’entrée coûte 50 dollars.

On marche un bon moment dans les rues de Tainan jusqu’à atteindre le palais éternel.

Rien d’exceptionnel toutefois même si le jardin est agréable. Le ticket coûte 50 dollars.

On prend un bus pour rentrer, il nous dépose pas trop loin de l’auberge. Anecdote : quand on appuie sur le bouton « arrêt demandé », c’est, en lieu et place d’une sonnerie, la musique de l’attraction « Que le monde est petit » de Disneyland qui retentit. A Tainan, nombreuses sont les boutiques qui vendent des thés aux fruits ou des jus si bien qu’on se laisse tenter par un jus mangue-litchi. L’argent liquide venant à nous manquer, on procède à un retrait dans un Family Mart. On en profite pour investir dans une deuxième EasyCard en prévision des prochains trajets en bus. Me voilà donc l’heureuse propriétaire d’une carte Hello Kitty, Panda 2 conservant la One Piece.

A l’heure du dîner, on entre un peu par hasard dans un restaurant, le Punna Noodle. Après une brève explication du menu en anglais, on opte pour un curry au poulet et un curry au bœuf. On nous sert nous une petite salade ainsi qu’un bouillon aux oignons en guise de hors-d’œuvre. On a très bien mangé, le tout pour 338 dollars. Un peu émoussés par nos 22 kilomètres de marche sous une température de trente degrés, on rentre à l’auberge.

Taïwan

Au revoir île verte, bonjour Tainan

On a très bien dormi à la Green Island Dolphin House. La literie de notre spacieuse chambre est très confortable. Le seul bémol, comme dans les autres hébergements que nous avons connus jusqu’ici à Taïwan, est la conception de la salle de bain avec une sorte de douche à l’italienne assez peu efficace s’agissant de l’évacuation de l’eau.

On se rend en scooter au Family Mart pour acheter quelques victuailles. Il est moins bien achalandé qu’hier, sans doute parce qu’il n’a pas encore pu être ravitaillé par bateau. Le scooter rendu au loueur, on fait un petit tour sur le port où se déroule une petite fête avec musique et feu d’artifice.

On monte dans le bateau de 10 heures 30. Force est de constater que la mer est nettement moins agitée qu’à l’aller. A l’arrivée au port de Fugang, les chauffeurs de taxi démarchent les passagers. On voulait à la base prendre le bus mais on se laisse corrompre par un taxi qui nous propose de nous amener tous les deux à la gare avec un Taïwanais pour cent dollars par personne. A la gare de Taitung, on achète les billets pour Tainan (361 dollars par tête, ce n’est pas le train le moins cher mais un des plus rapides). On patiente en se partageant le bento acheté dans la petite boutique à côté du Family Mart pour 80 dollars. Produits par la compagnie nationale de chemins de fer, ces bentos sont une institution dans les gares taïwanaises où on ne trouve d’ailleurs pas grand chose à se mettre sous la dent mis à part eux et les sempiternels Family Mart et 7 Eleven. Une chose est sûre, ces boîtes sont loin d’être mauvaises.

Le train entre en gare. Il n’est pas tout récent même si l’extérieur de certains wagons a été repeint sur le thème Hello Kitty. Même s’il est censé faire partie des plus rapides, notre train est assez lent et reste longtemps stationné dans plusieurs gares. Le train est tellement plein que nous n’avons pas pu avoir de places côte à côte. A Pingtung, nous ne changeons certes pas de train mais de place dans la voiture (je crois bien que c’est la première fois que ça m’arrive).

Il est 17 heures 15 lorsque nous foulons le quai de Tainan. On sent tout de suite qu’on est dans une grande ville. On marche une bonne demi-heure pour atteindre l’auberge de jeunesse qui répond au doux nom de Hii Hub. Il s’agit de notre premier dortoir depuis le début du séjour (faut-il y voir le signe d’un embourgeoisement ? Disons qu’à Taïwan les chambres doubles restent abordables). L’établissement se veut moderne et branché. Le rez-de-chaussé est en fait un café.

Notre dortoir comprend huit lits, chacun entouré de rideaux. Les toilettes sont, pour mon plus grand bonheur, japonaises (équipées de jets !). Le lavabo pour se brosser les dents est sur le balcon. Les douches, quant à elles, trônent à l’étage du dessus.

A l’heure du dîner, on se promène dans le quartier en quête d’un endroit où ça sent bon. On se prend une galette aux oignons verts sur un étal de cuisine de rue. C’est à la fois simple et délicieux (prix : 20 dollars). On se pose ensuite dans un restaurant dont les tables sont disposées sur le trottoir. Nos nouilles et riz sont succulents pour seulement 145 dollars. On se remange une galette aux oignons verts avant de franchir les portes du centre commercial situé à proximité de l’auberge. En ce samedi soir, il est particulièrement fréquenté. On y trouve notamment une boutique Marvel (avec, dans ses rayons, des cotons-tiges Marvel !), une patinoire, un magasin Snoopy. A l’extérieur, l’animation bat son plein autour d’une installation spéciale Noël devant laquelle les passants multiplient les photos.

Taïwan

L’île verte, celle qui porte si bien son nom

Il fait particulièrement chaud dans cette petite chambre sans fenêtre de la Black Jue B&B. Certes, elle est équipée de climatisation et d’un ventilateur mais ces deux équipements sont bruyants (déjà qu’on a débranché le frigo…). Le petit-déjeuner est composé de délicieux buns aux différentes saveurs. Après avoir copieusement mangé, note crainte est d’être malade sur le bateau pour l’ile verte car, d’après ce que nous avons lu, de nombreux passagers se font porter pâles…

En effet, si le bateau est aujourd’hui peu rempli, force est de constater que les sacs plastiques ne sont pas là pour rien. Panda 2 en sait d’ailleurs quelque chose… Heureusement, tout rentre dans l’ordre une fois le pied posé sur la terre ferme ! Sur le port de l’île verte, les loueurs de scooters proposent leurs services. Pour nous, la priorité est cependant de trouver la maison d’hôte, la Green Island Dolphin House, dans laquelle nous avons réservé pour une nuit. On la repère, on s’adresse à la dame sur la terrasse mais celle-ci ne semble pas comprendre. On en déduit donc que c’est plus loin. Néanmoins, devant l’évidence, on y retourne et figurez-vous que c’est bien là ! Le problème, c’est qu’ils n’attendaient visiblement pas de clients aujourd’hui… En effet, la gérante nous explique (conversation menée comme hier par le biais d’un téléphone portable) qu’elle a prévu de prendre le bateau cet après-midi pour Taitung. Cela ne nous dérange pas de rester seuls donc on investit les lieux. On paye un peu moins cher (2600 dollars) que prévu car la gérante (vu qu’elle part) ne sera pas en mesure de préparer le petit-déjeuner. La chambre est spacieuse (comme ils disent ici, c’est une quadruple avec deux grands lits doubles), il s’agit de la plus grande que nous avons connue jusqu’à présent. La gérante propose de nous vendre des billets pour la célèbre source chaude, ce que nous acceptons. Nous les payons 180 dollars par personne alors que le tarif normal serait de 200 dollars.

Il est maintenant temps de nous procurer un moyen de locomotion ! J’avais lu qu’un service de bus permettait de faire facilement le tour de l’île, cependant nous n’en avons croisé aucun ! Peut-être parce que nous sommes en basse saison ? Se procurer un vélo ? Ce n’est sans doute pas infaisable même si l’île n’est pas toute plate. Un vélo électrique ? Le concept n’a pas l’air développé ici. La seule alternative semble être incarnée par le scooter électrique. La gérante de la maison d’hôte (qui doit entretenir des relations privilégiées avec un loueur) fait signe à deux types en scooter de nous emmener jusqu’à un magasin. On monte derrière chacun d’eux sans casque (ce qui a l’air d’être une coutume sur l’île verte et qui tranche avec le « continent » où tout le monde en porte un), heureusement c’est genre à deux cents mètres. La transaction étant des plus rapides, nous sommes quelques minutes plus tard heureux locataires du splendide vélomoteur électrique que voici :

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La batterie est prévue pour durer une quarantaine de kilomètres, ce qui est suffisant pour faire le tour de l’île (environ 20 kilomètres). Quand elle s’amenuise, il suffit de revenir chez le loueur pour la changer. La location coûte 600 dollars (auxquels il faut ajouter 1 000 dollars de caution), soit un peu plus cher que celle d’un scooter classique. Si le scooter électrique n’est pas neutre écologiquement, il constitue en tout cas une option crédible au bruit et à la fumée.

C’est donc parti pour un tour de l’île de folie ! Notre premier arrêt, c’est le Family Mart où nous achetons quelques victuailles pour le déjeuner. On les mange face à la mer non loin du parc national des droits de l’homme, ancienne prison réaménagée en mémorial en hommage aux victimes de la terreur blanche et de la loi martiale. Le paysage est absolument magnifique entre les collines et la superbe couleur de l’eau qui caresse les rochers. Il fait chaud aujourd’hui, le mercure doit approcher les trente degrés.

On poursuit notre route, nous arrêtant comme bon nous semble. On ne croise pas beaucoup de monde sur la route en ce vendredi mais au vu des files impressionnantes de scooters de location, il doit en être tout autrement en haute saison.

On marche le long du sentier de 1,8 kilomètre qui monte sur les hauteurs de l’île. Il est pavé et comprend un certain nombre de marches. On s’engage ensuite sur un autre chemin beaucoup plus sauvage. On entend des bestioles de partout et on touche de grandes toiles tissées par des araignées en plein milieu du sentier. Ce sont ces dernières, bien plus imposantes que leurs homologues européennes, qui nous font rebrousser chemin. En plus des araignées, on aura vu deux espèces de biches, une multitude de lézards et deux serpents. Bref, si la possibilité de rencontrer ce type de bestioles vous effraie, cette petite randonnée n’est peut-être pas faite pour vous !

On remonte sur le terrible engin pour gagner la source d’eau chaude salée (il n’en existe que trois sur la planète) de Zhaori. Les vestiaires sont un peu désuets, on se croirait dans une vieille piscine municipale.

Certains bassins sont très chauds (je n’ai pas réussi à faire trempette dans celui à 43 degrés), d’autres moins. Ils offrent une très belle vue sur l’océan. Le port du bonnet de bain étant obligatoire, nous sommes forcés d’investir (cent dollars les deux) à défaut de pouvoir en louer. Après cette sympathique baignade, on gravit l’escalier menant à la petite colline surplombant les piscines. La nuit étant presque tombée, on rentre à la maison d’hôte après une escale chez le loueur de scooters afin de changer notre batterie. Il fait faim alors on reprend notre cheval d’un jour pour nous mettre en quête d’un restaurant. Malheureusement, celui répertorié dans le Lonely Planet est fermé. On se rabat alors sur le seul dans lequel il semble y avoir un peu de monde. A mon sens, l’île verte est un peu trop touristique pour que les restaurants y soient si bons qu’ailleurs à Taïwan. Nos plats ne sont certes pas mauvais mais rien non plus d’extraordinaire. En plus, ils se sont trompés sur le plat pourtant soigneusement sélectionné par Panda 2 (qui, entre la morsure de caniche et le mal de mer, joue de malchance ces dernières vingt-quatre heures). L’addition s’élève à 700 dollars, ce qui est assez cher.

On repasse à la maison d’hôte rassembler nos vêtements sales car c’est jour ou plutôt soir de lessive ! On a repéré une laverie ouverte 24/24 située juste à côté du 7 Eleven donc on saute sur l’occasion. En plus des traditionnelles machines à pinces, d’autres distractions sont là pour débaucher le client (genre des distributeurs de produits divers et variés tels des figurines de cochons, des mini-sandales Adidas, des chiens en cuir estampillés Luis Vuitton !). On choisit la machine à laver de moyen calibre qui coûte 120 dollars (la lessive est vendue 10 dollars). Une jeune femme nous aide pour la sélection du menu car cette étape n’est pas traduite en anglais. Pour utiliser les séchoirs, il faut compter 10 dollars les quatre minutes. Tous les vêtements n’étant pas secs, on est forcé de s’y reprendre à plusieurs fois. C’est certes un peu long mais, avec un bon bouquin, ça passe bien !

Taïwan

Dans le port de Taitung

Il est temps pour nous de faire nos adieux à Xincheng. Non sans avoir avalé un bon gros bun et une omelette taïwanaise, on file vers la gare afin de pendre le train direction Hualien où nous attraperons une correspondance pour Taitung. Arrivés à la gare, on apprend que le train pour Hualien a une demi-heure de retard, ce qui est suffisant pour nous faire louper celui pour Taitung. Et là on a de la chance ! En effet, la dame qui vendait hier les billets (aujourd’hui elle est en « civil ») nous reconnaît et nous accompagne au guichet pour que nous changions nos titres de transport. Bref, nous devrions arriver à destination une heure plus tard que prévu. La gare de Hualien doit être toute proche de l’aéroport car les avions la survolent à basse altitude, c’est assez impressionnant.

Le train pour Taitung est assez lent (le premier qu’on avait réservé mettait une demi-heure de moins), ce qui nous permet de confirmer qu’il y a bien des bananiers à Taïwan. Il va falloir goûter cette production locale ! Il est 12 heures 10 quand nous arrivons à Taitung. On veut prendre le bus pour gagner le port de Fugang, où nous avons réservé une chambre, mais le service ne semble pas très performant car le prochain autocar ne passe pas avant une demi-heure. Ayant déjà perdu pas mal de temps avec le retard de train, on décide de monter dans un des nombreux taxis stationnant devant la gare. Le trajet, qui dure une quinzaine de minutes, nous coûte 300 dollars.

Nous voilà devant la Black Jue B&B ! Le gérant des lieux ne parlant pas anglais, c’est son téléphone portable qui sert d’interface pour la conversation. Les traductions sont parfois assez originales mais on finit par s’en sortir. La nuit coûte ici 1280 dollars. Notre chambre, dans laquelle les deux lits simples sont disposés à l’horizontale, est dépourvue de fenêtres. Le monsieur nous propose de réserver nos billets pour l’île verte, offre que nous acceptons. Le ticket aller/retour s’élève à 1120 dollars par personne.

Avant d’avancer plus loin dans l’exploration, on déjeune dans un des restaurants du port. Verdict : pas terrible. On marche en direction de la réserve naturelle de Xiayeliu qui offre une très belle vue sur l’océan. Les vagues qui s’écrasent sur les rochers sont particulièrement fortes.

On continue un kilomètre plus loin vers le point de vue de  Jialulan. Le vent n’y va pas de main morte, on se croirait à Saint-Malo !

On retourne ensuite près du port et c’est là que survient la deuxième péripétie du jour (la première, c’était le retard du train), j’ai nommé la morsure du chien ! C’est Panda 2 qui est injustement victime de ce caniche qui aboie sans discontinuer devant sa maison située dans une de rues adjacentes au port. On ne pensait pas qu’il allait planter les crocs et pourtant… Bref, il a fallu désinfecter la plaie. Heureusement, les cas de rage sont très rares à Taïwan et  ne semblent impliquer que des blaireaux-furets. Pour nous remettre de ces émotions, on achète un paquet de « faux » Digestives (préférez les originaux, ils sont nettement meilleurs) à la supérette tout près de la maison d’hôte. Au vu de la poussière qui recouvre les produits, le magasin n’inspire pas vraiment confiance… On dîne dans un restaurant de fruits de mer dont le patron est prêt à nous servir l’intégralité de la carte ! C’est en tout cas bien meilleur que ce midi.

Soyons clairs, le port de Fugang n’est pas folichon le soir venu. On aurait peut-être dû choisir un hébergement dans le centre-ville de Taitung (sans doute est-il plus vivant que le quartier du port) mais cette considération l’a emporté sur celle de la proximité avec l’embarcadère pour l’île verte.

Taïwan

Aux gorges de Taroko

Une nuit paisible suivie d’un délicieux petit-déjeuner (une omelette taïwanaise), que demander de mieux ? Un peu après neuf heures, on se met en marche pour la gare centrale d’où part notre train pour Xincheng (13 euros par personne). Avant d’embarquer, j’achète deux Kinder Maxi (retour en enfance ?) et un Kit Kat Chunky au Family Mart (à l’image du Japon, Taïwan regorge de Family Mart et de 7 Eleven) situé en haut du quai. Un homme me demande d’où je viens et quand je lui réponds « France », il me sort un « Salut les copains »!

Le train entre en gare. Il est moderne et confortable (le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a de la place pour les jambes), par contre la clim est réglée en mode Pôle Nord si bien qu’on utilise mon foulard en tant que plaid. Les paysages sont variés. On passe, en effet, par de vertes collines, par le littoral pacifique et par des rizières. Dans le ciel, c’est malheureusement le gris qui domine.

Arrivés deux heures plus tard à destination, on marche en direction de la maison d’hôte réservée l’avant-veille. Il s’agit de la Xincheng Old Street B&B, située à une quinzaine de minutes à pied de la gare. L’accueil y est chaleureux. On nous informe sur les horaires des bus menant aux gorges de Taroko. Une nuit coûte un peu plus de quarante euros mais c’est, d’après nos recherches, un des établissements les moins chers du coin. La chambre, dotée de deux grands lits doubles, donne sur une belle terrasse. Les serviettes sont certes fournies mais elles sont toutes fines et jetables (heureusement qu’on a les nôtres car elles n’ont pas l’air particulièrement agréables à utiliser). On déjeune dans le restaurant de fruits de mer (il n’y a cependant pas que ça à la carte) situé à gauche de notre lieu de villégiature. C’est vraiment très bon pour un prix très abordable (l’équivalent de huit euros pour deux).

Après manger, on parcourt les quelques centaines de mètres qui nous séparent de la mer parce que, comme le chante ce bon Gilbert, « l’océan Pacifique, ça fait quelque chose de magique ».

L’arrêt de bus est localisé juste devant le restaurant dont l’une des autres spécialités semble être un espèce de jus de citron que tout le monde se presse pour acheter. Panda 2 finit d’ailleurs par craquer et par ouvrir son porte-monnaie. Le trajet en bus jusqu’au parc national de Taroko coûte 25 dollars par personne et ne dure qu’une dizaine de minutes. Des toilettes sont installées à l’entrée de ce haut-lieu du tourisme taïwanais. Lorsque j’en sors, je suis marquée par le nombre de personnes qui attendent leur tour, genre une cinquantaine. Il faut dire que, dans l’intervalle, trois bus de touristes (sans doute chinois) ont investi les lieux.

Le centre des visiteurs présente une petite exposition sur la faune et la flore peuplant le parc. Des cartes et des fontaines à eau sont à la disposition du public. Plusieurs sentiers de randonnée s’offrent à nous. On se décide pour celui de Shakadang sur lequel nous marchons deux heures et demi durant. Les magnifiques gorges de Taroko ont été formées par une rivière qui a creusé son chemin à travers les montagnes de marbre et de granit. La couleur de l’eau est superbe, elle doit l’être encore plus quand le soleil est de la partie.

Sur le chemin du retour, la nuit commence à tomber. On réussit tout juste à monter dans le bus, heureusement qu’il est parti un peu plus tard que l’horaire prévu. Au supermarché situé à 700 mètres de la maison d’hôte, on achète des nouilles instantanées pour demain midi ainsi que des Digestives au chocolat (ce sont typiquement les biscuits qu’on ne mange qu’à l’étranger, sans doute parce qu’ils sont introuvables en France). On dîne ensuite dans le restaurant de nouilles implanté juste en face de notre maison d’hôte. Franchement, c’est crade en plus d’être un bazar sans nom. Le personnel n’est pas des plus accueillants mais l’établissement semble être le seul ouvert ce soir. On a rigolé quand on a vu une publicité, à la télévision du restaurant, dans laquelle des joueurs de badminton vantaient les mérites d’un chauffe-eau ! Le repas nous coûte 130 dollars.

Les 18 kilomètres de marche nous aident à tomber rapidement dans les bras de Morphée. A huit heures, on descend prendre le petit-déjeuner sur le canapé de l’entrée car, si un réfrigérateur est à la disposition des clients, il n’y a pas de cuisine dans cette maison d’hôte. La composition du petit-déjeuner est laissée au choix des clients le jour de leur arrivée. J’ai opté pour un bun au porc et des tartines de beurre de cacahuète. Le bun est bon mais la pâte d’arachide est loin d’être la meilleure que j’ai goûtée. L’omelette taïwanaise, sélectionnée par Panda 2, est excellente. Le bémol, à mon sens, c’est que les mets sont emballés dans du plastique alors qu’ils pourraient simplement être servis sur des assiettes.

A neuf heures et demi, on prend le bus pour Lashui (144 dollars pour deux, c’est plus loin) d’où part un sentier de randonnée. Malheureusement, celui-ci n’est pas ouvert en son intégralité en raison d’éboulements. On rebrousse donc chemin au bout de 500 mètres et on le prend dans l’autre sens avant d’être de nouveau bloqués après un kilomètre. On suit donc la route ! Il faut faire attention car l’espace avec les véhicules est parfois réduit. Certains tunnels paraissent interminables. Les vues sur les gorges sont très belles même si la couleur de l’eau est un peu moins stupéfiante qu’hier.

On passe par le pont Cimu avant de débouler sur le tunnel des neuf tournants. Le problème, c’est que certains sentiers ou parties de sentier sont fermés. On se retrouve la plupart du temps à longer la route ou à emprunter des chemins dont la longueur n’excède pas un ou deux kilomètres. Par rapport à hier, on se rend mieux compte de l’altitude des montages environnantes, ce qui rend les gorges encore plus impressionnantes.

Il existe certes des randonnées plus conséquentes dans les montagnes mais des permis sont nécessaires pour les entreprendre. La réservation des permis s’effectue via le site internet du parc. Il faut s’y prendre à l’avance, ce qui n’est guère évident quand on voyage en mode itinérant sans savoir précisément où on sera exactement dans les jours à venir (le permis n’est valable que pour le jour indiqué lors de sa réservation). Nous marchons le long du sentier dit de Swallow Grotto avant d’admirer au loin les sanctuaires de Changchun et de gagner le centre des visiteurs de Taroko par le sentier de Shakadang.

En guise de déjeuner, on avait amené dans nos sacs les nouilles instantanées achetées hier. Les employés du « Buluowan service station » ont eu la gentillesse de nous offrir de l’eau bouillante. On y regarde un film de dix-huit minutes sur la vie d’une tribu de Taroko.

Je reste un peu sur ma faim par rapport à cette deuxième journée au parc national de Taroko. En effet, les brochures disponibles au centre des visiteurs ne précisent pas que certains chemins sont fermés. Par ailleurs, les bus ne sont pas légion en novembre donc il n’est pas si évident de se rendre d’un point à un autre si on n’est pas véhiculé. J’aurais beaucoup aimé me lancer dans une rando catégorisée montage mais le système des permis rend les choses assez complexes d’un point de vue organisationnel. Si nous avons pu profiter des splendides gorges un jour de plus, je ne conseillerais cependant pas de suivre notre parcours du jour car c’est toujours un peu décevant de marcher vingt-six kilomètres le plus souvent en bordure de route. Les chemins présentés sur la carte du centre des visiteurs sont les plus touristiques et les plus prisés des cars de touristes. En fait, les gens, qu’ils soient en voiture, en scooter ou en bus, s’y arrêtent puis continuent leur chemin. Si vous aimez la randonnée, vous n’y trouverez vraisemblablement pas votre pied. Bref, le mieux est sans doute de s’organiser pour obtenir un permis de haute montagne aussi contraignant que cela puisse être.

On repart par le bus 1133 (50 dollars pour deux). Fait marquant du jour : l’achat d’une EasyCard estampillée One Piece (choix éclairé de Panda 2), précieux sésame qui permet de régler un certain nombre de dépenses, telles les trajets en bus (très pratique quand on n’a pas de monnaie). On trouve ces cartes dans les 7 Eleven et Family Mart où on peut également les recharger (mettre du liquide sur la carte). A la gare, on récupère les billets de train pour demain qu’on a achetés sur internet et on prend deux billets pour Hualien (première partie de notre trajet). En ce qu’il s’agit d’un train local, il est impossible d’acheter le billet en ligne.

A l’heure du dîner, on se dirige vers l’autre restaurant situé en face de la maison d’hôte. Rien à voir avec celui d’hier, il est mille fois plus propre et aussi bien meilleur. On paye 140 dollars. Juste à côté du restaurant est implantée une laverie automatique dont l’originalité est d’être couplée à des jeux à pinces car il faut bien se distraire pendant sa lessive !

Taïwan