Au sommet du mont Emei

Je ne peux pas dire qu’on ait très bien dormi au Teddy Bear, notamment à cause de la climatisation de la chambre dont le réglage a brusquement varié en plein milieu de la nuit mais, qu’importe, nous nous levons tôt pour monter dans le premier bus en direction du mont Emei. Nous comptions nous arrêter au temple Wannian sauf que le bus le desservant ne part en fait qu’à 7 heures. Or, à cause de notre train de nuit à 19 heures, nous craignons que cela soit un peu risqué de marcher entre le temple et le sommet de la montagne (ce qui doit faire environ 6 heures de rando). Nous changeons de plan et achetons des billets pour Lei Dongping, station située à un peu moins d’une heure et demi du sommet.

On entend souvent dire que les conditions météo sont rarement très favorables sur le mont Emei. Force est de constater qu’aujourd’hui cette réputation ne semble pas injustifiée car, pendant l’ascension et la descente, il n’a pas cessé de pleuvoir… Le sentier de rando n’en est pas vraiment un au sens propre car il est truffé de marches. Les marches, c’est assez cardio. Entre la pluie et ces escaliers de pierre, on s’est dit que les 6 heures de rando auraient pu être bien longues !

Les billets de bus nous ont coûté 90 yuans par personne, auxquels il faut ajouter 185 yuans par tête pour l’entrée dans le parc national. Au vu des standards chinois, cette excursion n’est donc pas donnée. Il existe également un télésiège qui permet d’atteindre le sommet (l’embarcadère se situe à dix minutes de marche de Lei Dongping).

Sur le sentier, on croise essentiellement des Chinois (certains nous ont demandé de poser avec eux sur des photos) dont la tenue vestimentaire n’est pas toujours des plus adaptées à la randonnée. Ils sont d’ailleurs nombreux à acheter ponchos, surchaussures en plastique (que l’on retrouve malheureusement un peu partout dans le décor) ou louer des manteaux (ceux-là, on les repère aisément car ils portent tous la même veste !). Beaucoup sont équipés de parapluies et il faut faire attention à ne pas se les prendre dans l’œil quand on passe dans les portions les plus fréquentées. Tout au long du chemin, on trouve de quoi boire et manger (les prix sont un peu plus élevés qu’en plaine), notamment des petits pains plats qui ne sont pas mauvais du tout.

Au sommet, on admire le temple Jinding bâti à 3079 mètres d’altitude. La grande sculpture dorée est impressionnante. Moines et fidèles chantent et tournent autour dans le sens des aiguilles d’une montre.

On ne reste pas très longtemps au sommet car la pluie se fait de plus en plus sentir. On s’arrête pour manger des nouilles instantanées dans une des petites échoppes sur le chemin du retour. Peu avant Lei Dongping, on croise des singes qui sont très mignons mais le problème, c’est que les gens les nourrissent et prennent un malin plaisir à leur donner des denrées contenues dans des sacs plastiques, que les singes ouvrent avec une habilité déconcertante mais qui se retrouvent ensuite dans la nature…

C’est bien mouillés que nous remontons dans le car en ce milieu d’après-midi. Nous mangeons respectivement des nouilles sautées et du riz avant de prendre une douche (10 yuans par personne) au Teddy Bear. Nous sommes bien en avance mais nous décidons de nous diriger vers la gare d’Emei, d’où part le train pour Panzhihua. Celle-ci est située à 8 kilomètres de la partie touristique de la ville. Pour y aller, il faut prendre le bus numéro 8 (marcher 500 mètres à droite en sortant de la gare routière). On y arrive une vingtaine de minutes plus tard, l’attente du train de nuit commence.

Chine

Où l’on admire un Bouddha géant

La ville de Leshan est célèbre pour son grand Bouddha taillé dans la roche à flanc de colline. Pour s’y rendre en partant de Chnegdu, il faut prendre un train ou un bus. Tôt le matin, on prend donc le chemin de la gare où on retire au guichet les billets de train achetés grâce à l’application Ctrip. On en profite pour échanger nos billets pour le trajet Emeishan/Panzhihua car, en raison de la journée passé à Abou Dabi, nous devons le décaler de 24 heures si nous voulons suivre notre programme. Ces deux opérations (surtout la seconde) ne sont pas de tout repos car la guichetière ne parle que très peu anglais. Heureusement, des jeunes femmes derrière nous dans la queue viennent à la rescousse. Nous apprenons qu’il n’est pas possible de changer le billet ; il faut en fait l’annuler puis en racheter un. L’employée annule le billet pour nous (Ctrip nous a remboursé une partie du prix), nous en achetons immédiatement un nouveau. Le départ aura lieu à 19 heures et non 21 heures comme prévu initialement car il n’y a plus de couchettes disponibles dans le train de 21 heures.

Nous montons dans le train grande vitesse qui est aussi moderne que propre. Une heure dix plus tard, nous arrivons à Leshan. Le bus numéro 3 nous amène sur le site du grand Bouddha. Nous sommes loin d’être les seuls à avoir fait le déplacement pour admirer cette statue monumentale (71 mètres de haut tout de même ; construction débutée en 713) et les temples qui l’entourent.

La grande attraction est de descendre jusqu’aux pieds du Bouddha par le petit escalier (cf. photo de gauche) qui offre une vue plongeante sur la statue. Le seul souci, c’est que ledit escalier est particulièrement fréquenté. Déjà, pour l’emprunter, on s’est tapé une bonne heure de queue. La descente en elle-même nous a pris au moins une demi-heure.

Le bus numéro 13 nous ramène à la gare routière où nous achetons un billet pour Emeishan que nous atteignons en une heure. Sur place, on se renseigne sur les horaires des bus pour monter au mont Emei. Le problème, c’est que le dernier car part à 17 heures et il est tout juste 17 heures passées de cinq minutes… Il n’y aura donc pas de lever de soleil en haut du mont Emei (le premier plan était de faire une partie de l’ascension en bus, de dormir dans un monastère et de monter à pied jusqu’au sommet tôt le matin pour y admirer le lever de soleil).

Nous nous mettons en quête d’un hôtel. L’heureux élu s’appelle le Teddy Bear, situé tout près de la gare routière. On atterrit dans un dortoir de six lits (compter 40 yuans par personne), dont l’un est occupé par un Suisse avec qui nous discutons. Suivant ses conseils, on dîne sur place. Les plats ne sont pas très chers et loin d’être mauvais. J’opte, pour ma part, pour du riz cuisiné avec des tomates et des œufs.

 

Chine