La montée vers le Nord : entre chutes d’eau, ruines et bancs de sable

J’ai rarement aussi mal dormi dans une auberge de jeunesse : entre portes qui claquent, lits qui grincent et ronfleur intempestif  (qui, en plus d’être une tronçonneuse, s’est cru obligé d’allumer la lumière quand il a fait son entrée dans la chambre quatre plombes après tout le monde). La Highland Backpackers Inverness étant vraiment vieillotte et limite crade, on est heureux de la quitter et de mettre le cap sur le Nord des Highlands.

Notre premier arrêt est le site de Falls of Shin, chute d’eau célèbre pour ses saumons qui sautent pour remonter la rivière (mais on n’en a pas vus ; je suppose que le phénomène n’a pas la même ampleur selon les saisons).

On continue ensuite vers Tongue, paisible village de 560 âmes, qui abrite sur ses terres le Castle Varrich. Pour l’atteindre, il faut emprunter le sentier fléché qui part à côté de la Royal Bank of Scotland. Le château étant en restauration (en fait, il s’agit plutôt d’une tour en ruine), il est défendu de s’en approcher.

A quelques kilomètres de là, Skinnet Beach est un magnifique beau banc de sable, à marée haute comme à marée basse.

Le Craggan Hotel (à Melness) est un endroit parfait pour se restaurer. La carte ne propose pas beaucoup de plats, ce qui est, à mon sens, un gage de qualité et de fait maison. La soupe de poisson est délicieuse tout comme les parts principaux. En dessert, rien de mieux qu’un scone à la confiture. De surcroît, le service est sympathique.

L’aventure se poursuit à Durness, plus particulièrement à Smoo Cave, célèbre cavité naturelle creusée dans la roche calcaire et remplie d’eau. On peut d’ailleurs l’explorer à bord d’un canot (excursion à laquelle nous ne prenons pas part).

On rallie ensuite Balnakeil, hameau connu pour sa chapelle en ruine à laquelle est adossé un cimetière. La vue donne sur une belle plage. Les amateurs de golf iront, si l’envie leur en prend, taper la balle sur le parcours situé juste à côté (il s’agit apparemment du golf situé le plus au Nord de Grande-Bretagne dite « continentale »).

Après avoir fait quelques courses au Spar, on prend la route de Scourie, où nous avons réservé une chambre dans une maison d’hôte répondant au doux nom de Stonechats Croft. Ron, le propriétaire des lieux, est passionné de chasse et de moto. Son terrain est immense et offre une vue splendide sur des îlots.

Ron élève des poules et des moutons (à qui j’ai donné du pain sous sa supervision ; spéciale dédicace à la brebis qui donne la patte quand on lui dit : « Gimme the paw »). Dans un autre registre, je suis montée derrière lui sur son quad (et c’était la première fois que j’enfourchais un tel engin). Sa chienne est également des plus sympathiques, elle joue volontiers à la baballe. En guise de dîner, nous pique-niquons sur une table en bois qui offre une très belle vue sur le littoral. Une fois rentrés, nous discutons avec Ron et le couple d’Anglais qui occupent l’autre chambre. Il nous raconte des anecdotes sur les hivers dans les Highlands du Nord où les conditions climatiques peuvent être dantesques, conditions accentuées par l’isolement dont souffre la région entre novembre et mars (fermeture de certains commerces, peu de visiteurs).

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Nessie, es-tu là ?

On a plutôt bien dormi à la Morag’s Lodge. Les lits superposés sont confortables et ne grincent pas trop. Le petit-déjeuner est assez complet avec au menu quelques mets tout britanniques. A neuf heures, nous prenons la route pour Glen Affric, l’un des sites les plus célèbres du Loch Ness. On s’arrête à l’office du tourisme chercher une carte et on se rend aux Dog Falls, point de départ de plusieurs randos. Avant ça, on achète deux parts de quiche et une part de gâteaux chocolat-noix (produits qui se sont révélés très bons), dans une boutique située quasiment en face de l’office du tourisme, en prévision d’un pique-nique sur les sentiers. Les promenades ne sont certes pas très longues mais agréables.

On met ensuite le cap vers Loch Beinn a’ Mheadhoin, River Affric puis Plodda Falls.

Le Loch Ness, c’est joli mais rétrospectivement ce n’est pas ce que nous avons préféré en Ecosse. Par ailleurs, pas de trace de Nessie (et ce n’est pas faute de l’avoir appelé !), c’est à se demander s’il existe vraiment…

En fin d’après-midi, on prend la route d’Inverness, notre camp de base pour la nuit. L’auberge porte le doux nom d’Highland Backpackers Inverness (24 Rose Street). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le bâtiment ne paye pas de mine. De l’extérieur, ça fait vieil immeuble qui aurait besoin d’une bonne réfection.

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L’intérieur ne vient pas contre-balancer cette première impression avec ses couloirs sombres et ses peintures qui s’écaillent. On profite de la cuisine commune pour se faire des pâtes au pesto (il y a deux supermarchés en face de l’auberge, pratique pour faire des achats). On file ensuite en direction du centre-ville pour suivre le match de Ligue des Champions opposant la Juventus de Turin à l’AS Monaco. Sur les conseils du gars de l’accueil de l’auberge, on prend nos quartiers au Caledonian. Ce bar dispose, en effet, de plusieurs écrans mais, une chose est sûre, l’affiche de ce soir n’a pas l’air de passionner les foules. On est bien loin de la chaude ambiance des derbys entre le Celtic et les Rangers !

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