Taipei : mise au vert, gastronomie et gratte-ciel

Nouvelle nuit pénible à la Bouti Capsule Inn en raison d’une tronçonneuse très bruyante localisée dans le lit en face du mien. Heureusement que j’avais des bouchons d’oreilles à porté de main ! Le petit-déjeuner est un peu meilleur qu’hier. Aujourd’hui, on décide d’aller faire un tour dans les environs de Taipei pour prendre un peu de recul sur le bruit et l’agitation. Pour cela, on emprunte le métro jusqu’à Neihu pour entreprendre une petite randonnée repérée sur internet. En fait, de nombreux sentiers de randonnée attendent les marcheurs au Nord de Taipei. Contre toute attente par rapport à la faible pratique de la marche à pied constatée jusqu’ici, ces chemins sont particulièrement fréquentés en ce samedi. Le sentier, qui comprend, comme souvent à Taïwan, de nombreuses marches, nous fait passer par une cascade dans laquelle les jeunes enfants trempent leurs pieds, de jolies portions forestières et par des champs de fraises. On voit Taipei au loin, notamment la tour 101.

C’est au niveau des champs de fraises que nous nous arrêtons au Fufu Coffee pour boire un frappé aux fraises (120 dollars, ce qui n’est pas donné pour Taïwan). Deux temples se dressent sur notre chemin. Ils offrent un beau panorama sur Taipei et ses vertes collines. Le « Taipei Grand Trail » est un sentier de 92 kilomètres essentiellement sur les hauteurs de la ville. S’il semble difficile de le parcourir en entier lors d’un court séjour, ceux qui aiment marcher pourront se lancer sur quelques portions. Notre rando de quelques heures emprunte ainsi quelques kilomètres de cette espèce de GR à la mode taïwanaise.

La descente s’effectue par un escalier de 1250 marches qui est sans doute plus agréable dans ce sens qu’en montée. On déboule sur Neihu, notre point de départ, où nous mangeons sur le coup de 14 heures 30, une délicieuse soupe de vermicelles dans un petit restaurant pour la modeste somme de 120 dollars, ce qui en fait un de nos repas les moins chers. Les gens du restau sont adorables. Il n’y a pas de carte en anglais alors on leur montre ce qu’on souhaite dans nos soupes. Neihu n’est pas un quartier très touristique, on est loin de l’hyper centre de la capitale taïwanaise.

On passe à l’auberge changer de chaussures pour prendre la direction d’un des nombreux marchés de nuit de Taipei (le mot nuit est assez relatif car l’animation commence à partir de 17 heures mais c’est vrai qu’en novembre il fait quasiment nuit à cette heure), celui de la rue Raohe. Ici, la spécialité semble être un petit pain garni de viande cuit au feu de bois à 55 dollars pièce. Il y a évidemment bien d’autres mets, je pense à l’odorant tofu fermenté (dont les vapeurs m’insupportent plus que tout !), aux dumplings, aux jus de fruits, aux glaces. Ce qui est sympa à Taipei, c’est que les marchés de nuit sont piétons, contrairement à Tainan où il faut se frayer un chemin parmi les scooters, ce qui n’est pas une mince affaire.

On embarque ensuite pour une nouvelle aventure culinaire, à savoir le marché au poisson. Si vous connaissez celui de Tokyo, vous serez forcément un peu déçus car son homologue de Taipei est d’une taille beaucoup plus modeste. Plusieurs restaurants y sont installés mais nombreux sont les clients qui préfèrent les « bentos » présentés dans les rayons. C’est d’ailleurs pour cette formule que nous optons. Nous dégustons sushis et sashimis sur une des tables dressées à l’extérieur. Certes, ils sont bons mais ce ne sont pas non plus les meilleurs de notre vie.

On reprend ensuite le métro pour aller visiter la tour Taipei 101, imposant gratte-ciel classé à la dixième place du palmarès des plus hauts bâtiments du monde avec ses 509,2 mètres. Achevée en 2004, cette tour de 101 étages (d’où son nom) est le symbole du Taïwan moderne. Les premiers étages sont occupés par un centre commercial où s’entassent les boutiques de marques de luxe occidentales. Pour monter en haut de la tour, il faut débourser l’équivalent de 20 euros. L’ascenseur menant au pont d’observation est présenté comme un des plus rapides au monde. Si la vue sur Taipei est impressionnante (encore plus de nuit et quand le ciel est dégagé), la boule de stabilisation de l’édifice, qui pèse le poids de treize éléphants, l’est tout autant.

Taïwan

Alishan au lever du soleil

Réveil en fanfare à 04 heures 05 du matin après une nuit particulièrement mauvaise, la faute au bruit de la ventilation, aussi désagréable qu’inarrêtable. Nous quittons sans regret cette chambre sans charme pour marcher jusqu’à la gare afin de monter dans le train de 05 heures 20. Mieux vaut arriver assez tôt sur le quai car le nombre de places assises à bord du train est limité. On se retrouve debout en mode collé-serré comme dans un métro à l’heure de pointe. Une demi-heure plus tard, le train arrive à la gare de Chushan.

Les visiteurs ont le choix entre deux points de vue pour admirer le lever du soleil. On se dirige vers la « plateforme » et nous sommes loin d’être les seuls. On attend une petite demi-heure avant que Monseigneur Soleil pointe le bout de son nez. Cela commençait plutôt bien car la vue était tout ce qu’il y a de plus dégagée. Malheureusement, le soleil s’est levé dix minutes trop tard, le temps qu’un gros nuage gâche le spectacle ! C’est donc un peu déçue que la foule se prépare à redescendre.

Nous restons quelques instants encore à 2488 mètres d’altitude, le temps de manger un morceau. En effet, de petites échoppes proposent omelettes, tartines et patates douces. Ce n’est pas trop cher et c’est délicieux (quoique peut-être un peu gras). Je crois que c’est dans tous les cas meilleur que le petit-déjeuner de l’hôtel qu’il faut aller prendre dans un restaurant. Comme prévu, on redescend à pied. Pour ce faire, on emprunte la route puis le sentier de Duegaoyue qui est assez cardio avec ses nombreuses marches. On aperçoit des singes et différentes sortes d’oiseaux.

On poursuit avec le sentier de Zhushan qui est plus facile puis avec celui dit des arbres géants, domicile de nombreux arbres millénaires. Vu qu’il s’agit là de notre dernière promenade dans le parc d’Alishan, tirons un petit bilan de notre visite dans ce haut-lieu du tourisme taïwanais ! Ce parc vaut bien sûr le détour même s’il n’est pas aussi grand que certains parcs nationaux ailleurs dans le monde si bien qu’on en fait assez vite le tour. Des bus assurent la navette entre les différents points d’intérêt, ce qui le rend très simple à visiter. Pour gravir les plus hauts sommets visibles depuis Alishan, il faut probablement des permis comme cela semble être souvent le cas à Taïwan. Évidemment, le clou du spectacle aurait été de contempler un « vrai » lever de soleil ce matin mais cela ne se commande malheureusement pas !

Il est onze heures passées lorsqu’on se renseigne au centre des visiteurs sur les horaires du bus pour le lac Soleil Lune. On apprend qu’il y en a deux (ce qui confirme ce que nous avions vu sur internet), l’un à 13 heures, l’autre une heure plus tard. Il faut acheter les billets au 7 Eleven de l’entrée du parc. Les sacs récupérés, on se dirige donc vers la supérette. On nous explique que le premier bus est susceptible d’être déjà plein. On casse la croûte sur les bancs de la gare routière en écoutant (ou subissant ?)  la musique chinoise diffusée à fond les ballons.

Le bus arrive et on a de la chance car il y assez de place pour nous ! Le trajet coûte 336 dollars et dure environ deux heures trente. Néanmoins, il peut être plus long si l’on en croit ce que nous a dit la dame du centre des visiteurs. Le trajet passe vite grâce à la conversation avec des Américains venus du Texas (lui est natif de Taïwan). A la descente du bus, on se dirige directement vers le Hu An the lakeside house où nous avons réservé pour une nuit. Cet établissement est de loin le plus luxueux des hôtels que nous avons connus à Taïwan. Déjà son prix est sensiblement plus élevé (2600 dollars la nuitée). La chambre est spacieuse et très agréable. C’est le jour et la nuit par rapport à l’hôtel de la veille !

On fait un petit tour sur les berges du lac. Avec les montagnes qui l’entourent, le lac est un endroit très paisible en cette fin de journée mais il respire le tourisme. Les cars de touristes semblent s’y être donnés rendez-vous. De nombreux rabatteurs opèrent pour proposer aux visiteurs des tickets de bateau ou les inciter à franchir la porte d’un restaurant.

Pour choisir justement un restau, on sollicite l’aide de Google et on se décide pour le Shan Hu Kitchen qui paraît recueillir un certain nombre de suffrages. Si le service est relativement lent par rapport à d’autres établissements taïwanais, rendons à César ce qui est à César, nous avons admirablement bien mangé. Les nouilles aux légumes ne sont pas un poil grasses et la soupe aux champignons est très goûtue. Le restaurant est bien rempli ce soir, essentiellement par des étrangers possiblement attirés par les avis Google.

Taïwan

Alishan et ses arbres millénaires

La nuit est paisible au Zhongshan Hostel. On a un instant craint d’avoir un peu froid dans cette grande chambre mais finalement aucun frisson à déclarer. Riz, poivrons, œufs brouillés, tartines, haricots verts, concombres sont au menu du petit-déjeuner. Le bus pour Alishan part à 11 heures 30, ce qui nous laisse le temps de refaire un petit tour dans les rues de Fenchihu. Une chose est sûre, nous avons été gâtés dans notre hôtel ! La gérante nous a, en effet, gratifiés de sachets de thé, de biscuits salés (genre Tuc) et de bouteilles d’eau.

A 11 heures 30, le bus arrive. On résiste aux avances d’un taxi qui propose de conduire les voyageurs à Alishan moyennant le quadruple du prix du bus en arguant que le bus est plein, ce qui s’avère faux. On paye le trajet grâce à nos cartes magiques ; il nous revient à une cinquantaine de dollars. Une heure plus tard, nous faisons notre entrée au parc national d’Alishan. Le ticket coûte 150 dollars par personne grâce à la réduction offerte aux usagers des transports publics (le conducteur du bus distribue des reçus à cet effet). Entrés dans le parc, on achète directement les billets de train pour admirer le lever de soleil (150 dollars par tête). On ne prend que l’aller car on compte redescendre à pied. On pose nos sacs à l’hôtel avant de faire un détour par le centre des visiteurs puis par le traditionnel 7 Eleven. Les choses sérieuses peuvent commencer !

On va serrer la pince à l’arbre géant Shuishan en suivant le sentier du même nom.

C’est dingue de se dire que cet auguste végétal a 2700 ans. En voilà un qui nous enterra tous ! On continue à cheminer le long de sentiers, notamment celui qui fait le tour du Sister Pound. Il n’y a pas trop de monde aujourd’hui dans le parc, il paraît que l’affluence est nettement plus forte en été. On croise tout de même quelques groupes de touristes avec leurs guides qu’on a l’impression d’entendre à des kilomètres à la ronde.

On passe devant d’autres arbres de taille impressionnante puis devant un temple.

Il est presque 17 heures et la nuit commence à tomber. On prend possession de notre chambre d’hôtel (au Gau Shan Ching Hotel) qui est conforme aux commentaires lus sur Booking, à savoir pas terrible. Il faut dire que nous n’attendions rien d’extraordinaire de cet établissement tellement il est mal noté. A 62 euros la nuit, il compte parmi les moins chers d’Alishan. On a vraiment l’impression que les clients n’y viennent que pour une nuit ou plutôt pour ne pas rater le lever du soleil. On va dîner assez tôt afin d’être en forme pour demain matin. On choisit le restaurant le mieux noté sur Google. Il semble un peu plus fréquenté que les autres car il faut s’inscrire sur une liste pour espérer s’assoir à une table. En attendant qu’il y en ait une de libre, on plaisante avec un couple d’Etats-Uniens qui a commandé plusieurs plats sans se rendre compte de la taille des assiettes. On finit par se joindre à eux et par partager leur dîner (évidemment on partage aussi l’addition) dans la joie et dans la bonne humeur !

Taïwan

Escale à Fenchihu

On a plutôt bien dormi pour cette deuxième nuit en dortoir malgré le vrombissement presque incessant d’une tronçonneuse (seuls trois lits sur huit étaient occupés, c’est quand même pas de bol de tomber sur un ronfleur). En plus du yaourt aux petits morceaux d’ananas, le petit-déjeuner se compose d’une part de quiche aux légumes (quelque peu sèche) assortie de salade.

On marche vers la gare pour prendre le train pour Chiayi (139 dollars par tête) où nous arrivons 38 minutes plus tard. On se renseigne sur les horaires des bus pour Fenchihu. Il s’avère que le prochain part à 12 heures 05 de la gare routière (juste en face de celle des trains), ce qui nous laisse le temps de procéder à un petit ravitaillement au Family Mart. Le bus arrive, nous voilà partis pour Fenchihu. On paye au moyen de nos EasyCard en badgeant à la montée dans le bus puis à la sortie. Le trajet coûte dans les 150 dollars. Un peu moins de deux heures plus tard, nous atteignons notre destination. On se rend tout de suite à l’hôtel, le Zhongshan Hostel (1 700 dollars la nuit), où l’accueil est très sympathique même si la gérante ne parle pas anglais.

Dans la petite gare sont exposées deux locomotives. La rue principale de Fenchihu rassemble un certain nombre de petites échoppes où sont vendus des produits locaux, essentiellement alimentaires. On y achète des fruits et ce qui ressemble à des croissants ronds avec un trou au milieu (c’est délicieux !). Une chose est sûre, il fait bien plus frais à Fenchihu qu’à Tainan, sans doute en raison de l’altitude.

Fenchihu est parsemée de plusieurs sentiers de randonnée. On en emprunte un certain nombre qui nous font passer devant des arbres remarquables par leur taille, par une très belle bambouseraie et par un petit temple.

On tombe sur le début d’un sentier de 6,4 kilomètres cependant il est un peu tard pour que nous puissions nous lancer dans cette randonnée d’une distance plus conséquente. On dîne dans ce qui semble être le restaurant principal de la ville. Situé dans la vieille rue commerçante, il est difficile de passer à côté. L’originalité, c’est que les convives mangent dans des boîtes métalliques. Si la spécialité de l’établissement est un plat avec du riz, des légumes, du porc et du poulet, une alternative sans viande existe (testée et approuvée).

On passe ensuite faire quelques emplettes au 7 Eleven situé juste au-dessus du restaurant avant de rentrer à l’hôtel où nous nous attelons à préparer la suite et la fin du voyage.

Taïwan

Aux gorges de Taroko

Une nuit paisible suivie d’un délicieux petit-déjeuner (une omelette taïwanaise), que demander de mieux ? Un peu après neuf heures, on se met en marche pour la gare centrale d’où part notre train pour Xincheng (13 euros par personne). Avant d’embarquer, j’achète deux Kinder Maxi (retour en enfance ?) et un Kit Kat Chunky au Family Mart (à l’image du Japon, Taïwan regorge de Family Mart et de 7 Eleven) situé en haut du quai. Un homme me demande d’où je viens et quand je lui réponds « France », il me sort un « Salut les copains »!

Le train entre en gare. Il est moderne et confortable (le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a de la place pour les jambes), par contre la clim est réglée en mode Pôle Nord si bien qu’on utilise mon foulard en tant que plaid. Les paysages sont variés. On passe, en effet, par de vertes collines, par le littoral pacifique et par des rizières. Dans le ciel, c’est malheureusement le gris qui domine.

Arrivés deux heures plus tard à destination, on marche en direction de la maison d’hôte réservée l’avant-veille. Il s’agit de la Xincheng Old Street B&B, située à une quinzaine de minutes à pied de la gare. L’accueil y est chaleureux. On nous informe sur les horaires des bus menant aux gorges de Taroko. Une nuit coûte un peu plus de quarante euros mais c’est, d’après nos recherches, un des établissements les moins chers du coin. La chambre, dotée de deux grands lits doubles, donne sur une belle terrasse. Les serviettes sont certes fournies mais elles sont toutes fines et jetables (heureusement qu’on a les nôtres car elles n’ont pas l’air particulièrement agréables à utiliser). On déjeune dans le restaurant de fruits de mer (il n’y a cependant pas que ça à la carte) situé à gauche de notre lieu de villégiature. C’est vraiment très bon pour un prix très abordable (l’équivalent de huit euros pour deux).

Après manger, on parcourt les quelques centaines de mètres qui nous séparent de la mer parce que, comme le chante ce bon Gilbert, « l’océan Pacifique, ça fait quelque chose de magique ».

L’arrêt de bus est localisé juste devant le restaurant dont l’une des autres spécialités semble être un espèce de jus de citron que tout le monde se presse pour acheter. Panda 2 finit d’ailleurs par craquer et par ouvrir son porte-monnaie. Le trajet en bus jusqu’au parc national de Taroko coûte 25 dollars par personne et ne dure qu’une dizaine de minutes. Des toilettes sont installées à l’entrée de ce haut-lieu du tourisme taïwanais. Lorsque j’en sors, je suis marquée par le nombre de personnes qui attendent leur tour, genre une cinquantaine. Il faut dire que, dans l’intervalle, trois bus de touristes (sans doute chinois) ont investi les lieux.

Le centre des visiteurs présente une petite exposition sur la faune et la flore peuplant le parc. Des cartes et des fontaines à eau sont à la disposition du public. Plusieurs sentiers de randonnée s’offrent à nous. On se décide pour celui de Shakadang sur lequel nous marchons deux heures et demi durant. Les magnifiques gorges de Taroko ont été formées par une rivière qui a creusé son chemin à travers les montagnes de marbre et de granit. La couleur de l’eau est superbe, elle doit l’être encore plus quand le soleil est de la partie.

Sur le chemin du retour, la nuit commence à tomber. On réussit tout juste à monter dans le bus, heureusement qu’il est parti un peu plus tard que l’horaire prévu. Au supermarché situé à 700 mètres de la maison d’hôte, on achète des nouilles instantanées pour demain midi ainsi que des Digestives au chocolat (ce sont typiquement les biscuits qu’on ne mange qu’à l’étranger, sans doute parce qu’ils sont introuvables en France). On dîne ensuite dans le restaurant de nouilles implanté juste en face de notre maison d’hôte. Franchement, c’est crade en plus d’être un bazar sans nom. Le personnel n’est pas des plus accueillants mais l’établissement semble être le seul ouvert ce soir. On a rigolé quand on a vu une publicité, à la télévision du restaurant, dans laquelle des joueurs de badminton vantaient les mérites d’un chauffe-eau ! Le repas nous coûte 130 dollars.

Les 18 kilomètres de marche nous aident à tomber rapidement dans les bras de Morphée. A huit heures, on descend prendre le petit-déjeuner sur le canapé de l’entrée car, si un réfrigérateur est à la disposition des clients, il n’y a pas de cuisine dans cette maison d’hôte. La composition du petit-déjeuner est laissée au choix des clients le jour de leur arrivée. J’ai opté pour un bun au porc et des tartines de beurre de cacahuète. Le bun est bon mais la pâte d’arachide est loin d’être la meilleure que j’ai goûtée. L’omelette taïwanaise, sélectionnée par Panda 2, est excellente. Le bémol, à mon sens, c’est que les mets sont emballés dans du plastique alors qu’ils pourraient simplement être servis sur des assiettes.

A neuf heures et demi, on prend le bus pour Lashui (144 dollars pour deux, c’est plus loin) d’où part un sentier de randonnée. Malheureusement, celui-ci n’est pas ouvert en son intégralité en raison d’éboulements. On rebrousse donc chemin au bout de 500 mètres et on le prend dans l’autre sens avant d’être de nouveau bloqués après un kilomètre. On suit donc la route ! Il faut faire attention car l’espace avec les véhicules est parfois réduit. Certains tunnels paraissent interminables. Les vues sur les gorges sont très belles même si la couleur de l’eau est un peu moins stupéfiante qu’hier.

On passe par le pont Cimu avant de débouler sur le tunnel des neuf tournants. Le problème, c’est que certains sentiers ou parties de sentier sont fermés. On se retrouve la plupart du temps à longer la route ou à emprunter des chemins dont la longueur n’excède pas un ou deux kilomètres. Par rapport à hier, on se rend mieux compte de l’altitude des montages environnantes, ce qui rend les gorges encore plus impressionnantes.

Il existe certes des randonnées plus conséquentes dans les montagnes mais des permis sont nécessaires pour les entreprendre. La réservation des permis s’effectue via le site internet du parc. Il faut s’y prendre à l’avance, ce qui n’est guère évident quand on voyage en mode itinérant sans savoir précisément où on sera exactement dans les jours à venir (le permis n’est valable que pour le jour indiqué lors de sa réservation). Nous marchons le long du sentier dit de Swallow Grotto avant d’admirer au loin les sanctuaires de Changchun et de gagner le centre des visiteurs de Taroko par le sentier de Shakadang.

En guise de déjeuner, on avait amené dans nos sacs les nouilles instantanées achetées hier. Les employés du « Buluowan service station » ont eu la gentillesse de nous offrir de l’eau bouillante. On y regarde un film de dix-huit minutes sur la vie d’une tribu de Taroko.

Je reste un peu sur ma faim par rapport à cette deuxième journée au parc national de Taroko. En effet, les brochures disponibles au centre des visiteurs ne précisent pas que certains chemins sont fermés. Par ailleurs, les bus ne sont pas légion en novembre donc il n’est pas si évident de se rendre d’un point à un autre si on n’est pas véhiculé. J’aurais beaucoup aimé me lancer dans une rando catégorisée montage mais le système des permis rend les choses assez complexes d’un point de vue organisationnel. Si nous avons pu profiter des splendides gorges un jour de plus, je ne conseillerais cependant pas de suivre notre parcours du jour car c’est toujours un peu décevant de marcher vingt-six kilomètres le plus souvent en bordure de route. Les chemins présentés sur la carte du centre des visiteurs sont les plus touristiques et les plus prisés des cars de touristes. En fait, les gens, qu’ils soient en voiture, en scooter ou en bus, s’y arrêtent puis continuent leur chemin. Si vous aimez la randonnée, vous n’y trouverez vraisemblablement pas votre pied. Bref, le mieux est sans doute de s’organiser pour obtenir un permis de haute montagne aussi contraignant que cela puisse être.

On repart par le bus 1133 (50 dollars pour deux). Fait marquant du jour : l’achat d’une EasyCard estampillée One Piece (choix éclairé de Panda 2), précieux sésame qui permet de régler un certain nombre de dépenses, telles les trajets en bus (très pratique quand on n’a pas de monnaie). On trouve ces cartes dans les 7 Eleven et Family Mart où on peut également les recharger (mettre du liquide sur la carte). A la gare, on récupère les billets de train pour demain qu’on a achetés sur internet et on prend deux billets pour Hualien (première partie de notre trajet). En ce qu’il s’agit d’un train local, il est impossible d’acheter le billet en ligne.

A l’heure du dîner, on se dirige vers l’autre restaurant situé en face de la maison d’hôte. Rien à voir avec celui d’hier, il est mille fois plus propre et aussi bien meilleur. On paye 140 dollars. Juste à côté du restaurant est implantée une laverie automatique dont l’originalité est d’être couplée à des jeux à pinces car il faut bien se distraire pendant sa lessive !

Taïwan

GR 34 : de Tréguier à Buguélès

Le constat est sans appel : les articles consacrés au GR 34 sont les plus consultés de cet auguste blog. Rassurez-vos cependant, le plaisir de randonner le long du sentier des douaniers l’emporte largement sur la volonté de faire exploser le nombre de visites.

Il faut croire que nous devenons de plus en plus convaincants pour motiver des randonneurs car cela fait un bon moment que nous, Panda 1 et Panda 2, n’avons pas marché que tous les deux. Pour cette nouvelle étape sur le GR 34, c’est une bonne partie de la famille de Panda 2 qui se joint joyeusement à nous. Au total, nous sommes neuf à prendre le départ sur le port de Tréguier, une fois la deuxième voiture déposée à Buguélès où nous sommes censés terminer la rando. Je ne devrais peut-être pas le dire mais on triche de quelques centaines de mètres par rapport à notre point d’arrivée à l’issue de l’épisode précédent (en espérant que le dieu du GR 34 ne se venge pas de cet affront !)…

Toute la semaine s’est posée l’épineuse question de la météo pour ce dimanche, les prévisions étant particulièrement changeantes. Au final, ce n’est ni de pluie ni de soleil dont nous sommes gratifiés mais d’un ciel nuageux avec quelques timides éclaircies. Le GR 34 nous mène d’abord à travers les rues de Tréguier où l’on admire les maisons à pans de bois et la cathédrale Saint-Tugdual. Une crêperie (La Krampouzerie) et un bar (Madame Mouss’tache) m’ont semblé digne d’intérêt.

Le début du parcours suit principalement la route. On passe devant le jardin botanique du Kestellic dont je n’ai encore jamais arpenté les allées, cependant, de source sûre, la visite vaut le coup ! Les balises blanches et rouges nous font quitter la route pour gagner la rive du Jaudy. Prenez garde, certains rochers sont très glissants.

La marée est basse ce matin et on a hâte qu’elle monte ! Un petit creux ? Le café Pesked, situé 21 rue du port à Plouguiel tout près de la rue Casse-pattes, qui porte si bien son nom car elle monte à pic, est là pour combler la faim ou la soif. On salue la baie de l’Enfer (pourtant décrite comme « profonde et calme » par le site internet de l’office de tourisme de la côte de granit rose) ainsi que deux sympathiques ânes.

Le panneau d’entrée d’agglomération « Plougrescant » est en vue ! Sur le sentier, on tombe nez à nez avec une pancarte indiquant le manoir de Kergrec’h à 500 mètres, qui constitue, si l’on en croit les avis Google, une belle possibilité d’hébergement mais sans doute pas à la portée de toutes les bourses. Deux tables de pique-nique nous accueillent pour casser la croûte, néanmoins le vent froid nous dissuade de rester attablé trop longtemps.

La promenade se poursuit et force est de constater que le terrain est nettement moins vallonné que lors des premiers kilomètres. On commence à bien voir la mer qui remonte petit à petit.

Les amas de rochers évoquent la magnifique côte de granit rose, la plus touristique des Côtes d’Armor, qui n’est plus si loin.

On fait un détour par la célèbre petite maison entre les deux rochers puis par le toujours très impressionnant gouffre de Plougrescant, où la mer déferle dans une profonde entaille.

Sur la commune de Penvénan, le balisage est quelque peu erratique si bien qu’il vaut mieux longer les plages et la côte pour être sûr de ne pas se perdre.

Au fil des kilomètres, le groupe s’est scindé en trois groupes. Le peloton de tête va chercher la voiture laissée à Tréguier. Panda 2, parti devant avec son père et son oncle, vient à ma rencontre sur la dernière plage où on attend le reste de la troupe. Sa traversée est d’ailleurs un peu épique à cause de la mer qui monte. Le petit port de Buguélès, épilogue de notre randonnée, est en vue !  On y attend l’arrivée des voitures pour rentrer au bercail.

26,95 kilomètres au total pour 385 mètres de dénivelé. Cette portion du GR 34 fut d’autant plus agréable que nous n’avons pas senti une seule goutte de pluie à défaut d’avoir pu profiter du soleil malgré quelques éclaircies. Merci à tous, merci au GR 34 et à bientôt pour de nouvelles aventures en Bretagne ou ailleurs !

Grandes Randonnées

Etretat par le GR 21

Après la réussite éclatante de la randonnée dans la vallée de la Chevreuse, il aurait été dommage d’en rester là ! Pour tout dire, bien avant de nous promener entre les quatre châteaux, nous avions déjà planifié notre deuxième sortie, la Chevreuse n’étant en quelque sorte qu’un tour de chauffe. En effet, après d’intenses négociations (auxquelles je n’ai personnellement pas eu le privilège d’assister), décision avait été prise de marcher deux jours sur le GR 21 en Seine-Maritime. Le projet était le suivant :

  • prendre le Transilien entre Houilles et la gare Saint-Lazare;
  • monter dans un train Intercités jusqu’au Havre;
  • finir le voyage en TER jusqu’à Montivilliers;
  • randonner entre Montivilliers et Fécamp (et passer la nuit à mi-chemin à côté d’Etretat).

Mais c’était sans compter avec le mouvement de grève sans préavis (ou exercice du droit de retrait, visiblement le débat fait rage) à la SNCF ! Autant dire que nous avons été contraints de trouver une solution de repli après avoir appris qu’aucun train ne circulerait entre Paris et Le Havre. Décision ⇒ exécution : aller en voiture jusqu’au Tilleul où nous avons loué deux chalets pour une nuit. La bonne nouvelle, c’est que si le moral était quelque peu tombé en berne à la suite de l’analyse des prévisions du trafic SNCF, il est assez vite remonté à la faveur de l’amélioration notable du bulletin météo qui nous promettait un temps bien plus agréable que le froid et la pluie initialement redoutés. Le rendez-vous est donné à la gare de Houilles – Carrières-sur-Seine à huit heures. Après deux heures et quart de route (ironie du sort, on double une voiture estampillée « préférez le rail »…), nous arrivons sur notre lieu de villégiature.

Possession des lieux prise, on élabore un itinéraire de substitution autour des falaises. C’est ainsi que onze badistes et une athlète (la pauvre, que vient-elle faire dans cette galère ?) entament une rando à travers champs pour atteindre la côte et ses premières falaises. Le soleil, les imposantes falaises, la splendide couleur de l’eau : tous les signaux sont au vert pour passer une belle journée. Comme de nombreux randonneurs ont pu le faire avant nous, on salue l’Aiguille et l’Arche.

On déjeune assis sur la jetée devant la mer en écoutant le bruit des vagues. Etretat est une des communes les plus touristiques de Seine-Maritime et ça se voit car les cafés et restaurants sont bien remplis. Les négociations reprennent avec la montée vers la chapelle Notre-Dame de la Garde.

De là-haut, la vue est magnifique. Les falaises suivantes, quoique très belles, sont un peu moins impressionnantes.

Sur le GR 21, on passe devant un salon de thé, La Dame au Chapeau, situé sur la commune de Bénouville. Faute de les avoir goûtées, je ne vanterai pas les mérites des pâtisseries, néanmoins vu de l’extérieur, l’endroit a l’air des plus accueillants.

On fait une petite pause dans le centre-ville d’Etretat où l’offre de restauration semble taillée pour les visiteurs avec des brasseries aux cartes très disparates (ce qui n’est pas toujours un gage de qualité, loin de là).

Résultat des courses : 22 kilomètres de marche sous le soleil. Nous voilà de retour au camping Abijune. Les chalets sont récents et bien équipés pour faire dormir six personnes. S’il est possible de louer des draps, nous avons opté pour la solution la moins dispendieuse, qui est, vous vous en doutez, d’apporter des duvets. Pour une nuit dans ces chalets à cette période de l’année, il faut compter une petite vingtaine d’euros par tête si on est six. La soirée commence par un apéro improvisé sur la terrasse d’un des deux chalets avec les bières et biscuits achetés au petit Carrefour d’Etretat.

Le Tilleul n’est certes pas une grande ville mais un bon restaurant est implanté sur ses terres et situé à 800 mètres du camping. Il s’agit du Tilleulais et c’est justement là que nous dînons, choix que nous ne regrettons pas car nous avons très bien mangé. Le restaurant propose trois menus (20 euros/25 euros/30 euros) composés notamment de spécialités normandes. La nuit est paisible dans les chalets, à peine entend-on la musique de la cousinade célébrée dans la salle commune.

Au petit matin, trois courageux se dévouent pour aller chercher les sandwichs et les viennoiseries commandés hier à la boulangerie implantée à une petite dizaine de minutes à pied de notre hôtel de plein air. Grâce à ces victuailles et à celles amenées par un certain nombre d’entre nous, c’est un petit-déjeuner comme on les aime qui s’offre aux randonneurs que nous sommes. Seule ombre au tableau, la pluie qui fait naître une vague hésitation entre partir en randonnée et regarder la deuxième mi-temps du match de rugby opposant la France au Pays de Galles… A la faveur d’une accalmie sur le front des intempéries, le départ est donné. Au programme, la valleuse de la Poterie-Cap-d’Antifer, une des dernières non urbanisées de la côte d’Albâtre. Il pleut certes encore un peu mais rien de très inquiétant. Notre rando du jour nous fait passer par des sous-bois avant de nous amener vers les falaises. On croise de sympathiques chevaux et de paisibles vaches.

On déjeune sur la plage ventée puis on rentre tranquillement au camping, après 15 kilomètres de marche, alléchés par les pâtisseries qui nous attendent dans les chalets. Un coup de serpillère et nous voilà repartis en Ile-de-France alors que la pluie fait son retour.

Quel bilan tirer de ces deux jours en Seine-Maritime ? Il est vrai qu’entre la grève à la SNCF et les conditions météo, notre escapade normande ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. Passée la déception engendrée par l’annulation des trains Intercité, nous nous sommes attelés à réaménager le programme. Au lieu de suivre le tracé du GR 21 entre Montivilliers et Fécamp, nous nous sommes contentés de boucles autour d’Etretat, ce qui est toujours mieux que rien ! Niveau météo, ce fut nettement plus favorable que prévu avec certes des averses le dimanche mais un beau soleil d’automne le samedi. Cette portion du GR 21 ne présente pas de difficulté majeure mises à part quelques remontées de valleuses, rien d’insurmontable cependant. Attention tout de même à ne pas glisser par temps pluvieux, le risque principal étant de se retrouver les fesses par terre couvertes de boue.

Merci à tous pour ces deux jours de randonnée dans la joie et la bonne humeur !

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