Taïwan : les dix commandements

  1. Devant le nombre de scooters, tu hallucineras

« Scoot toujours ! », telle pourrait être la devise de Taïwan tellement ces engins à deux roues font partie du paysage. Je ne m’attendais pas à trouver autant de scooters à Taïwan, ces moyens de locomotion étant plutôt associés à l’Asie du Sud-Est. J’ai l’impression que par rapport à la Chine les scooters sont moins nombreux à être électriques.

2. Dans des trains Hello Kitty, tu monteras

Fan d’Hello Kitty, Taïwan est un pays pour toi ! La petite chatte (ne voyez rien de tendancieux dans l’emploi de ce groupe nominal) « kawaï », qui nous vient du Japon, jouit d’une immense popularité à Taïwan. Elle est très présente dans les magasins, sur des affiches et de manière plus surprenante sur des trains !

3. La musique du camion poubelles, tu fredonneras

A Taïwan, le camion poubelles ne passe pas inaperçu dans les rues. Son arrivée est pour le moins musicale car ses haut-parleurs diffusent la chansonnette que voici. Ce même refrain est joué dans plusieurs villes du pays. Une chose est certaine, il reste dans la tête !

4. A la vue du bonhomme du feu piéton qui court, tu presseras le pas

A Taïwan, les piétons sont incités à traverser quand le petit bonhomme est vert. Pour qu’ils se rendent compte de l’imminence du passage au rouge, le petit bonhomme se met à courir lorsque sonne le décompte des dix dernières secondes de vert.

5. Des machines à pinces pour gagner tout et n’importe quoi, partout tu trouveras

Les Taïwanais sont des fous des machines à pinces. Il y en a absolument dans toutes les rues. On en trouve dans les laveries automatiques et dans un certain nombre de magasins, c’est à se demander s’il n’y en a pas aussi dans les salles d’attente des médecins ! Grâce à ces machines, on peut gagner tout et n’importe quoi, genre des peluches, des figurines de manga, des friandises, des sacs, des chaussures, des accessoires pour portables et j’en passe…

6. Devant les vitrines des salons de massages des pieds, tu t’arrêteras

Si l’on en croit le nombre de salons de massage spécialisés dans le pied, les Taïwanais sont de grands amateurs de réflexologie plantaire. On n’a pas osé tester mais, sois-en sûr, si une envie soudaine d’un massage de pied te prend à Taïwan, tu es dans le bon pays !

7. Des poubelles, tu chercheras

Taïwan est un pays particulièrement propre, pourtant on ne trouve pas de poubelles à tous les coins de rues ! Conclusion : les gens gardent bien sagement leurs déchets avec eux jusqu’à tomber sur une poubelle, ce qui me fait dire que certains d’entre nous devraient en prendre de la graine !

8. Des points communs avec le Japon et la Chine, tu recenseras

Si tu es déjà allé au Japon ou en Chine avant de te rendre à Taïwan, tu pourras faire la liste des points communs avec l’Empire du Soleil levant ou celui du Milieu. Ainsi, dans ces trois contrées, les porteurs de masques sont très nombreux. De même, la culture manga est omniprésente. A Taïwan, tu goûteras une délicieuse cuisine fusion dans laquelle tu retrouveras des saveurs chinoises et japonaises.

9. Ton chinois, tu perfectionneras

Séjourner à Taïwan, c’est une occasion de perfectionner son chinois ou tout du moins d’apprendre quelques mots. La plupart des panneaux sont bilingues anglais chinois, ce qui simplifie la vie des touristes étrangers.

10. Des restaurants à tous les coins de rue, tu trouveras

Les Taïwanais sont très fiers de leur gastronomie, à juste titre car elle est succulente. Les villes regorgent de restaurants ou de petites échoppes qui vendent de bons petits plats. Leur nombre est vraiment impressionnant. On a cru comprendre que les Taïwanais sortaient volontiers pour manger, ce qui est sans doute vrai car, dans le cas contraire, un certain nombre d’établissements auraient mis la clé sous la porte.

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Au revoir île verte, bonjour Tainan

On a très bien dormi à la Green Island Dolphin House. La literie de notre spacieuse chambre est très confortable. Le seul bémol, comme dans les autres hébergements que nous avons connus jusqu’ici à Taïwan, est la conception de la salle de bain avec une sorte de douche à l’italienne assez peu efficace s’agissant de l’évacuation de l’eau.

On se rend en scooter au Family Mart pour acheter quelques victuailles. Il est moins bien achalandé qu’hier, sans doute parce qu’il n’a pas encore pu être ravitaillé par bateau. Le scooter rendu au loueur, on fait un petit tour sur le port où se déroule une petite fête avec musique et feu d’artifice.

On monte dans le bateau de 10 heures 30. Force est de constater que la mer est nettement moins agitée qu’à l’aller. A l’arrivée au port de Fugang, les chauffeurs de taxi démarchent les passagers. On voulait à la base prendre le bus mais on se laisse corrompre par un taxi qui nous propose de nous amener tous les deux à la gare avec un Taïwanais pour cent dollars par personne. A la gare de Taitung, on achète les billets pour Tainan (361 dollars par tête, ce n’est pas le train le moins cher mais un des plus rapides). On patiente en se partageant le bento acheté dans la petite boutique à côté du Family Mart pour 80 dollars. Produits par la compagnie nationale de chemins de fer, ces bentos sont une institution dans les gares taïwanaises où on ne trouve d’ailleurs pas grand chose à se mettre sous la dent mis à part eux et les sempiternels Family Mart et 7 Eleven. Une chose est sûre, ces boîtes sont loin d’être mauvaises.

Le train entre en gare. Il n’est pas tout récent même si l’extérieur de certains wagons a été repeint sur le thème Hello Kitty. Même s’il est censé faire partie des plus rapides, notre train est assez lent et reste longtemps stationné dans plusieurs gares. Le train est tellement plein que nous n’avons pas pu avoir de places côte à côte. A Pingtung, nous ne changeons certes pas de train mais de place dans la voiture (je crois bien que c’est la première fois que ça m’arrive).

Il est 17 heures 15 lorsque nous foulons le quai de Tainan. On sent tout de suite qu’on est dans une grande ville. On marche une bonne demi-heure pour atteindre l’auberge de jeunesse qui répond au doux nom de Hii Hub. Il s’agit de notre premier dortoir depuis le début du séjour (faut-il y voir le signe d’un embourgeoisement ? Disons qu’à Taïwan les chambres doubles restent abordables). L’établissement se veut moderne et branché. Le rez-de-chaussé est en fait un café.

Notre dortoir comprend huit lits, chacun entouré de rideaux. Les toilettes sont, pour mon plus grand bonheur, japonaises (équipées de jets !). Le lavabo pour se brosser les dents est sur le balcon. Les douches, quant à elles, trônent à l’étage du dessus.

A l’heure du dîner, on se promène dans le quartier en quête d’un endroit où ça sent bon. On se prend une galette aux oignons verts sur un étal de cuisine de rue. C’est à la fois simple et délicieux (prix : 20 dollars). On se pose ensuite dans un restaurant dont les tables sont disposées sur le trottoir. Nos nouilles et riz sont succulents pour seulement 145 dollars. On se remange une galette aux oignons verts avant de franchir les portes du centre commercial situé à proximité de l’auberge. En ce samedi soir, il est particulièrement fréquenté. On y trouve notamment une boutique Marvel (avec, dans ses rayons, des cotons-tiges Marvel !), une patinoire, un magasin Snoopy. A l’extérieur, l’animation bat son plein autour d’une installation spéciale Noël devant laquelle les passants multiplient les photos.

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L’île verte, celle qui porte si bien son nom

Il fait particulièrement chaud dans cette petite chambre sans fenêtre de la Black Jue B&B. Certes, elle est équipée de climatisation et d’un ventilateur mais ces deux équipements sont bruyants (déjà qu’on a débranché le frigo…). Le petit-déjeuner est composé de délicieux buns aux différentes saveurs. Après avoir copieusement mangé, note crainte est d’être malade sur le bateau pour l’ile verte car, d’après ce que nous avons lu, de nombreux passagers se font porter pâles…

En effet, si le bateau est aujourd’hui peu rempli, force est de constater que les sacs plastiques ne sont pas là pour rien. Panda 2 en sait d’ailleurs quelque chose… Heureusement, tout rentre dans l’ordre une fois le pied posé sur la terre ferme ! Sur le port de l’île verte, les loueurs de scooters proposent leurs services. Pour nous, la priorité est cependant de trouver la maison d’hôte, la Green Island Dolphin House, dans laquelle nous avons réservé pour une nuit. On la repère, on s’adresse à la dame sur la terrasse mais celle-ci ne semble pas comprendre. On en déduit donc que c’est plus loin. Néanmoins, devant l’évidence, on y retourne et figurez-vous que c’est bien là ! Le problème, c’est qu’ils n’attendaient visiblement pas de clients aujourd’hui… En effet, la gérante nous explique (conversation menée comme hier par le biais d’un téléphone portable) qu’elle a prévu de prendre le bateau cet après-midi pour Taitung. Cela ne nous dérange pas de rester seuls donc on investit les lieux. On paye un peu moins cher (2600 dollars) que prévu car la gérante (vu qu’elle part) ne sera pas en mesure de préparer le petit-déjeuner. La chambre est spacieuse (comme ils disent ici, c’est une quadruple avec deux grands lits doubles), il s’agit de la plus grande que nous avons connue jusqu’à présent. La gérante propose de nous vendre des billets pour la célèbre source chaude, ce que nous acceptons. Nous les payons 180 dollars par personne alors que le tarif normal serait de 200 dollars.

Il est maintenant temps de nous procurer un moyen de locomotion ! J’avais lu qu’un service de bus permettait de faire facilement le tour de l’île, cependant nous n’en avons croisé aucun ! Peut-être parce que nous sommes en basse saison ? Se procurer un vélo ? Ce n’est sans doute pas infaisable même si l’île n’est pas toute plate. Un vélo électrique ? Le concept n’a pas l’air développé ici. La seule alternative semble être incarnée par le scooter électrique. La gérante de la maison d’hôte (qui doit entretenir des relations privilégiées avec un loueur) fait signe à deux types en scooter de nous emmener jusqu’à un magasin. On monte derrière chacun d’eux sans casque (ce qui a l’air d’être une coutume sur l’île verte et qui tranche avec le « continent » où tout le monde en porte un), heureusement c’est genre à deux cents mètres. La transaction étant des plus rapides, nous sommes quelques minutes plus tard heureux locataires du splendide vélomoteur électrique que voici :

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La batterie est prévue pour durer une quarantaine de kilomètres, ce qui est suffisant pour faire le tour de l’île (environ 20 kilomètres). Quand elle s’amenuise, il suffit de revenir chez le loueur pour la changer. La location coûte 600 dollars (auxquels il faut ajouter 1 000 dollars de caution), soit un peu plus cher que celle d’un scooter classique. Si le scooter électrique n’est pas neutre écologiquement, il constitue en tout cas une option crédible au bruit et à la fumée.

C’est donc parti pour un tour de l’île de folie ! Notre premier arrêt, c’est le Family Mart où nous achetons quelques victuailles pour le déjeuner. On les mange face à la mer non loin du parc national des droits de l’homme, ancienne prison réaménagée en mémorial en hommage aux victimes de la terreur blanche et de la loi martiale. Le paysage est absolument magnifique entre les collines et la superbe couleur de l’eau qui caresse les rochers. Il fait chaud aujourd’hui, le mercure doit approcher les trente degrés.

On poursuit notre route, nous arrêtant comme bon nous semble. On ne croise pas beaucoup de monde sur la route en ce vendredi mais au vu des files impressionnantes de scooters de location, il doit en être tout autrement en haute saison.

On marche le long du sentier de 1,8 kilomètre qui monte sur les hauteurs de l’île. Il est pavé et comprend un certain nombre de marches. On s’engage ensuite sur un autre chemin beaucoup plus sauvage. On entend des bestioles de partout et on touche de grandes toiles tissées par des araignées en plein milieu du sentier. Ce sont ces dernières, bien plus imposantes que leurs homologues européennes, qui nous font rebrousser chemin. En plus des araignées, on aura vu deux espèces de biches, une multitude de lézards et deux serpents. Bref, si la possibilité de rencontrer ce type de bestioles vous effraie, cette petite randonnée n’est peut-être pas faite pour vous !

On remonte sur le terrible engin pour gagner la source d’eau chaude salée (il n’en existe que trois sur la planète) de Zhaori. Les vestiaires sont un peu désuets, on se croirait dans une vieille piscine municipale.

Certains bassins sont très chauds (je n’ai pas réussi à faire trempette dans celui à 43 degrés), d’autres moins. Ils offrent une très belle vue sur l’océan. Le port du bonnet de bain étant obligatoire, nous sommes forcés d’investir (cent dollars les deux) à défaut de pouvoir en louer. Après cette sympathique baignade, on gravit l’escalier menant à la petite colline surplombant les piscines. La nuit étant presque tombée, on rentre à la maison d’hôte après une escale chez le loueur de scooters afin de changer notre batterie. Il fait faim alors on reprend notre cheval d’un jour pour nous mettre en quête d’un restaurant. Malheureusement, celui répertorié dans le Lonely Planet est fermé. On se rabat alors sur le seul dans lequel il semble y avoir un peu de monde. A mon sens, l’île verte est un peu trop touristique pour que les restaurants y soient si bons qu’ailleurs à Taïwan. Nos plats ne sont certes pas mauvais mais rien non plus d’extraordinaire. En plus, ils se sont trompés sur le plat pourtant soigneusement sélectionné par Panda 2 (qui, entre la morsure de caniche et le mal de mer, joue de malchance ces dernières vingt-quatre heures). L’addition s’élève à 700 dollars, ce qui est assez cher.

On repasse à la maison d’hôte rassembler nos vêtements sales car c’est jour ou plutôt soir de lessive ! On a repéré une laverie ouverte 24/24 située juste à côté du 7 Eleven donc on saute sur l’occasion. En plus des traditionnelles machines à pinces, d’autres distractions sont là pour débaucher le client (genre des distributeurs de produits divers et variés tels des figurines de cochons, des mini-sandales Adidas, des chiens en cuir estampillés Luis Vuitton !). On choisit la machine à laver de moyen calibre qui coûte 120 dollars (la lessive est vendue 10 dollars). Une jeune femme nous aide pour la sélection du menu car cette étape n’est pas traduite en anglais. Pour utiliser les séchoirs, il faut compter 10 dollars les quatre minutes. Tous les vêtements n’étant pas secs, on est forcé de s’y reprendre à plusieurs fois. C’est certes un peu long mais, avec un bon bouquin, ça passe bien !

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