Erlangen : on s’était dit rendez-vous dans dix ans

Retourner dix ans après à Erlangen, ville hôte de notre année Erasmus ! C’est le défi que nous nous étions lancées et que nous avons brillamment relevé !

Avec trois amies françaises rencontrées à Erlangen au cours de cette fabuleuse année universitaire 2008-2009, on s’était dit, comme le chante Patrick, « rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, même pomme (pomme et non port, il faut bien que ça rime avec grands hommes) ». Juin 2019, pari tenu, voici le quatuor réuni à Erlangen alors qu’on ne se voit pas toutes si souvent.

Erlangen n’est certes pas répertoriée dans notre Routard national néanmoins je ne m’y suis pas ennuyée pendant mon année Erasmus, loin de là. Pour réparer cette injustice, voici une petite liste des choses à faire dans cette bonne ville du Nord de la Bavière !

  1. S’y rendre

Quand j’étais étudiante et les fois où j’y suis revenue ensuite, je me suis toujours rendue à Erlangen en train. Alors, certes, le trajet prend un peu de temps (depuis Paris, il faut changer plusieurs fois de train) mais c’est tout à fait faisable.

Je me souviens avoir regagné Erlangen avec Eurolines après les vacances de Noël passées en France et que le voyage n’avait pas été de tout repos en raison de la neige qui bloquaient un certain nombre d’autoroutes dans le Sud de l’Allemagne.

Pour nos retrouvailles des dix ans, nous avons opté pour l’avion (certes moins écologique que le train). Air France assure en effet des vols entre Paris et la deuxième ville de Bavière. En réservant à l’avance, il y a moyen de s’en tirer pour une centaine d’euros. Le bus 30, qui s’arrête devant l’aéroport de Nuremberg (qui est très petit), vous amènera dans le centre d’Erlangen.

A Erlangen, le vélo est roi ! Il ne me semble pas avoir vu de vélos en libre-service dans la ville mais il y a sans moyen d’en louer quelque part. Quand j’y habitais, j’étais l’heureuse propriétaire d’une petite reine (j’en ai en fait possédé deux, la première, achetée aux enchères grâce à un billet de 50 euros trouvé dans la rue, m’ayant lâchée).

2. Hébergement

Je n’ai malheureusement pas beaucoup de conseils à donner sur ce point. En effet, si j’avais dormi dans une auberge de jeunesse le soir de mon arrivée en tant qu’étudiante (la remise des clés de mon studio était fixée au lendemain), mes recherches pour retrouver l’adresse du lieu sont restée vaines. Peut-être a-t-elle mis la clé sous la porte ? Quoi qu’il en soit, des hôtels sont prêts à accueillir les voyageurs. Autre solution, louer un appartement via Airbnb, ce que nous avons fait lors de notre réunion d’anciennes combattantes. L’appart était en plein centre ville donc idéalement situé. Pour trois nuits, nous avons payé chacune un peu moins de 130 euros. Alors, oui, ce n’est pas donné comparativement à d’autres villes allemandes mais il n’y a pas beaucoup d’offres sur Erlangen qui est devenue une des villes les plus chères du pays en ce qui concerne l’immobilier.

3. Restaurants

A l’heure du dîner, je suis parfois allée au Tio (Südliche Stadtmauerstraße 1A), restaurant italien visiblement plutôt bien noté sur Google. Une fois ou deux, je suis allée manger à la Crêperie Luther’s sur la Martin-Luther-Platz mais je ne suis pas certaine qu’elle existe toujours (ce qui ne serait pas non plus un drame car la Bretonne que je suis n’en garde pas un souvenir extraordinaire). Lors de notre retour à Erlangen, nous avons constaté que de nombreux restaurants, notamment italiens et de burgers, avaient vu le jour.

Comme de nombreuses villes allemandes, Erlangen regorge de kebabs (qui sont généralement meilleurs qu’en France) et de restaurants asiatiques néanmoins, dans le genre traditionnel allemand, j’ai une adresse à vous suggérer ! Le restau, qui répond au doux nom de Drei Linden, est situé dans le vieux Erlangen (Alterlanger Straße 6). Du centre-ville, on peut facilement s’y rendre à pied ou à vélo (le chemin est agréable, on a l’impression d’être au milieu des champs) pour manger un gros Schnitzel.

Pour palier les petits creux, mes amies couraient au Yoghurt-Bar (Untere Karlstraße 15), boutique spécialisée dans le yaourt glacé. Envie de pain, d’un sandwich ou d’un gâteau ? Der Beck est une chaîne locale de boulangeries et Erlangen en abrite un certain nombre de succursales. A mon sens, c’est une valeur sûre, notamment pour le petit-déjeuner !

De petit-déjeuner (ou plutôt de Frühstück), parlons-en ! Le Mengin (Schloßplatz 5) est un café-pâtisserie où l’on aime prendre son temps le dimanche matin. Je ne sais pas si c’est le meilleur rapport qualité prix d’Erlangen pour ce type de prestation mais c’est là où nous allions (et où nous sommes retournées !).

4. Assez disserté sur les restaurants, passons aux lieux de débauche !

Le Kanapee (Neue Straße 50) est sans aucun doute un des bars les plus fréquentés d’Erlangen. Haut lieu de la vie étudiante, ce bar au cadre chaleureux fait figure de QG pour un certain nombre de jeunes gens.

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Pour boire un cocktail, je vous recommande le Havana Bar (Engelstraße 17) où, à la grande époque, les gens venaient danser la salsa. Le Nachtcafe-Smile (Fuchsengarten 1) me rappelle d’éminents souvenirs car c’est dans ce bar qu’avait lieu le Stammtisch (comprendre la table des habitués) Erasmus tous les lundis soirs. Évidemment, en dix ans, un certain nombre de bars ont fermé, remplacés par d’autres que je ne connais guère. Nous sommes repassées devant le Schwarzer Ritter (Paulistraße 10), établissement un peu glauque qui a pour particularité d’ouvrir très tard et de fermer tôt le matin. C’est typiquement le genre de lieu où on se retrouve, on ne sait trop comment, au sortir de boîte…

Quand j’étais étudiante à Erlangen, je fréquentais avec une assiduité certaine les « Kneipen » (que l’on pourrait traduire par bistrots) organisées, selon un calendrier bien défini, par les différentes résidences étudiantes. En gros, il y a chaque jour de la semaine moyen d’aller picoler dans le bar (ou plutôt la cave vu que les festivités se déroulent souvent en sous-sol) des résidences. Le grand avantage, c’est que la bière y est particulièrement bon marché… Le jeudi, la fête se terminait au petit matin.

Puisqu’on parle de fête, venons-en aux boîtes de nuit et force est de constater que cette bonne ville d’Erlangen est plutôt bien lotie ! Ma préférée est peut-être l’E-Werk (Fuchsenwiese 1). Installée dans une ancienne centrale électrique, elle accueille de très nombreux concerts et soirées festives, parmi lesquelles les célèbres soirées Après-Berg (voir ci-dessous). Le Zirkel (Hauptstraße 105) est un haut-lieu des soirées étudiantes, c’est là qu’avaient lieu les Jura-Partys, autrement dit les soirées des étudiants en droit (confrérie dont je faisais fièrement partie). Je m’aperçois que certaines boîtes que je fréquentais n’existent plus (quelle tristesse…). Le Paisley trône toujours au 15 de la Nürnberger Straße mais ce n’était pas vraiment l’établissement qui avait nos faveurs.

5. Bergkirchweih

J’en arrive à l’événement festif annuel, j’ai nommé Bergkirchweih ! C’est sous ce nom, qui peut paraître imprononçable aux non-germanophones, qu’est désignée la bien-aimée fête de la bière. Celle-ci a lieu fin mai début juin sur une dizaine de jours. Chaque année, Berg pour les intimes est attendue avec une impatience non dissimulée et son épilogue est arrosé par des larmes de tristesse. La fête se déroule dans un parc situé sur une petite colline. Comme vous pouvez l’imaginer, la bière coule à flots et les convives dansent sur les tables au rythme des Schlager (chansons populaires aux textes pas très recherchés) et c’est la fête jusqu’à 23 heures (pas de panique, les réjouissances peuvent se poursuivre dans les boîtes de nuit). La Berg, c’est également des manèges, des étals de confiseries et des saucisses !

Normalement, il fait beau même si on a connu quelques soirées pluvieuses (ce qui est ballot car la fête se déroule en extérieur). Nombreuses sont les filles en Dirndl et les garçons en Lederhosen. Ce type de robe étant cher à mon cœur, j’ai fini par en acheter une lors de mon stage de fin d’études à Stuttgart (qui a également sa fête de la bière). Je la porte dès que possible et autant dire qu’elle était de sortie lors de notre retour à la Berg (et ensuite à l’E-Werk) pour les dix ans de notre année Erasmus ! On trouve Dirndl et Lederhosen un peu partout pendant la fête de la bière et à tous les prix. La mienne m’avait coûté un peu plus de 100 euros. Aux Arcaden (centre commercial d’Erlangen), une boutique éphémère avait même pris ses quartiers.

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Vous l’aurez compris, j’aime beaucoup la Berg, sa bière et ses Dirndl. Lors de notre retour en juin 2019, elle était remplie de jeunes gens, vraisemblablement pour la plupart étudiants (Erlangen étant une grosse ville universitaire). J’envie leur jeunesse et leur insouciance, sans doute parce qu’ils me rappellent une époque révolue et sont malgré eux le symbole du temps qui passe.

Fin de partie pour l’instant nostalgie, vous trouverez toutes les infos sur la Berg en cliquant sur ce lien.

6. Choses à voir

Erlangen ne regorge pas d’attractions touristiques, c’est sans doute la raison pour laquelle les guides touristiques ne lui font pas la part belle. Si l’on en croit Trip Advisor, il ne faut pas manquer la visite du jardin botanique. Cela tombe bien, elle est gratuite !

Le jardin botanique est très agréable mais, soyons honnêtes, ce n’est pas non plus le plus fou que j’ai visité dans ma vie. Ce jardin est en fait une partie du Schlossgarten, le grand parc de la ville où l’on aime s’installer sur la pelouse en été. C’est là que se déroule annuellement la Schlossgartenfest, la soirée « mondaine » de l’université (à laquelle je n’ai jamais assisté).

Erlangen abrite certes plusieurs musées mais je dois admettre n’en avoir visité qu’un seul, le Stadtmuseum qui retrace l’histoire de la ville. Je sais qu’il y a également un musée médical Siemens (l’entreprise étant le premier employeur à Erlangen) néanmoins aucune de mes connaissances ne semble y avoir mis les pieds.

7. Bilan

Fêter les dix ans de notre année Erasmus est et restera une expérience mémorable. Ce séjour du souvenir fut à la fois drôle et émouvant, comme le sont souvent les retours aux sources. Je ne sais pas si on renouvellera ces retrouvailles dans dix ans mais cette perspective nous fait déjà bien rire. Bref, merci à vous, les filles, merci à toi, Erlangen, pour tous ces bons moments, et, je l’espère, à bientôt !

La chanson (certes un peu tombée dans l’oubli) « Le Bilan » de Jacky et Ben-J résume assez bien l’ambiance de notre Erasmus + 10 :

"Le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé
Qui aurait pu s'imaginer que le temps se serait vite écoulé
On fait le bilan calmement en s'remémorant chaque instant
Parler des histoires d'avant comme si on avait cinquante ans"
Allemagne

Norvège : les dix commandements

1. Des grandes blondes et des grands blonds, tu verras

Avec une chaussure noire ? Peut-être pas mais, une chose est sûre, les cheveux blonds sont très bien représentés en Norvège.

2. Par le niveau des Norvégiens dans la langue de Shakespeare épaté, tu seras

Visiblement, la méthode d’enseignement de l’anglais est particulièrement performante en Norvège car la plupart des gens sont capables de parler cette langue sans sembler chercher leurs mots. Ce ne sont pas les touristes, dont les capacités en norvégien sont souvent limitées, qui vont s’en plaindre !

3. A tes finances, tu veilleras (commandement éminent, d’où les sous-commandements)

  • Les supermarchés, tu privilégieras
  • De l’alcool, tu te sèvreras (dans les bars et restaurants, c’est cher et pour en acheter au détail, il faut franchir la porte d’un magasin spécialisé)
  • Chez l’habitant ou sous la tente (bon, peut-être pas en hiver), tu dormiras
  • D’une gourde (car l’eau du robinet est excellente), tu t’équiperas

4. La météo, tu scruteras

C’est une des leçons de ce voyage en Norvège ! La météo peut changer très rapidement, d’où l’intérêt de se renseigner avant de partir en excursion. Mieux vaut toujours avoir avec soi une petite laine et/ou un imperméable, on n’est jamais trop prudent.

5. De nombreuses femmes revêtues de leggings, tu croiseras

Le legging semble avoir le vent en poupe en Norvège. Les filles en portent volontiers et choisissent des couleurs qui ne passent pas inaperçues. C’est donc sans complexe que je me suis affichée partout en legging, tenue ceci dit très pratique pour voyager. Reste à savoir si Cristina Córdula pardonnera aux Norvégiennes (et à moi-même) cette faute de goût !

6. Du nombre de voitures électriques, tu t’étonneras

Les Norvégiens exportent certes du gaz et du pétrole mais peuvent se targuer d’un parc de voitures électriques sans équivalent en Europe. Tu seras marqué par les nombreuses voitures Tesla qui arpentent les routes et par les bornes de rechargement que l’on trouve un peu partout dans le pays.

7. A te servir d’une trancheuse à pain, tu apprendras

Les supermarchés vendent du pain frais (sans doute industriel mais il n’est pas mauvais) et la tâche de le trancher est du ressort des clients. A part dans certains supermarchés à Strasbourg, je n’avais jamais vu de trancheuses en libre-service.

8. A l’heure de ton choix au restaurant, tu te poseras

Tout du moins dans les grandes villes ! A Oslo, on s’est parfois posé dans des restaurants alors que l’après-midi était déjà bien avancé. Après, en ce qui concerne le soir, je ne suis pas certaine qu’ils servent après 21 heures, les gens mangeant assez tôt.

9. Du poisson, tu mangeras

La gastronomie norvégienne n’est pas mauvaise, loin de là ! Elle fait la part belle au poisson, ce qui n’est guère étonnant au vu de la large façade littorale du pays. Dans certains restaurants, il est possible de consommer de la baleine (ce qui est, à mon sens, contestable car de nombreuses espèces sont aujourd’hui menacées). Dans un autre registre, on trouve souvent du renne à la carte.

10. De la combinaison de pluie intégrale portée par les enfants, tu riras

Les petits Norvégiens sont plutôt bien équipés pour faire face à la pluie (à laquelle ils doivent être régulièrement confrontés). La plupart d’entre eux revêtent une sorte de salopette à capuche qui les protège de la tête aux pieds des gouttes d’eau. Il n’en faut pas moins pour chanter sous la pluie !

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Norvège

Norvège : épilogue et bilan

Adieu cabane au fond du jardin ! On quitte Seljord avec le bus Nor-Way de 08 heures 15 qui nous amène à la gare centrale d’Oslo. A la gare, on mange un sandwich d’inspiration italienne chez Deli de Luca. Pour nous rendre à l’aéroport, on privilégie le train NSB en lieu et place du « Fly to get » parce que c’est nettement moins cher (105 NOK par voyageur contre 196, quasiment le même temps de transport pour moitié moins cher). On se présente inhabituellement tôt à l’aéroport mais prendre le bus d’après nous aurait fait arriver trop tard. Nous n’avons plus que 18 NOK en poche, les derniers paiements ont dû s’effectuer par carte bancaire.

Ce que nous avons ramené de Norvège :

  • un magnet (au rythme d’un magnet par voyage, le frigo commence à être bien décoré) ;
  • du Nugatti (équivalent norvégien du Nutella) ;
  • le reste d’un paquet de Digestives classiques (c’est-à-dire sans chocolat).

Ce que j’ai bien fait d’emmener :

  • la paire de gants ;
  • les sous-pulls à manches longues ;
  • les polaires ;
  • l’imperméable.

Ce que j’ai emmené en trop :

  • des t-shirts (j’en ai porté seulement deux alors que j’en avais apporté bien plus) ;
  • le gros pantalon de rando d’hiver (qui m’a sauvé la vie en Islande et en Écosse), je n’ai pas eu assez froid pour le sortir du sac ;
  • la serviette (il y en avait à disposition dans tous les hébergements).

Ce que j’aurais pu emmener :

  • des chaussettes plus hautes (en plus des chaussettes de rando) car à Bergen j’ai eu froid dans l’espace compris entre le bas du legging et la chaussette basse ;
  • un parapluie ;
  • des guêtres de randonnée pour protéger les chaussures les jours de pluie.

 

Le point d’orgue du séjour :  Preikestolen ! Le beau temps, dont nous avons été gratifiés lors de cette magnifique randonnée, y est sans doute pour beaucoup !

Le moins bien : Bergen sous la pluie et cette deuxième journée passée dans les musées, à mon sens, pas des plus intéressants. S’il avait fait beau, on aurait largement préféré partir en rando sur une des montagnes qui entourent la ville.

Bilan en vrac :

  • Dans la famille des pays nordiques, la Norvège est un pays plus chaleureux que l’Islande (il faut dire aussi que les Norvégiens sont bien plus nombreux que les Islandais)
  • Pays sublime mais malheureusement pas accessible à toutes les bourses
  • Météo particulièrement imprévisible (prévoir plusieurs types de vêtements pour pouvoir sortir quel que soit le temps)
  • On a très bien mangé, mention spéciale aux soupes de poisson !
  • Un séjour sans location de voiture (ce que nous avons fait) ne pose pas de difficulté majeure car les réseaux de transports publics sont très développés. Louer une voiture est assez onéreux mais le carburant coûte à peu près le même prix qu’en France. La voiture offre sans doute plus de liberté et peut permettre de réduire certains temps de parcours néanmoins vive le « voyage lent » ! Voyager avec les transports publics demande un peu d’organisation mais il est aisé de trouver les horaires des trains et bus sur Internet.
  • Les hôtels étant très chers, loger chez l’habitant permet de réduire la facture. Camper peut constituer une belle alternative en été.
  • Un prochain voyage dans le Nord du pays ? Avec grand plaisir !
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Seljord : le lac et le mont Bjørge

Il a dû pleuvoir toute la nuit. Heureusement, nous étions bien à l’abri dans notre cabane (presque au fond du jardin) et c’était même agréable d’entendre la pluie tomber. Les matelas sont confortables, franchement on a bien dormi. On mange deux petits biscuits avant d’aller faire des courses au supermarché pour pouvoir ensuite profiter d’un petit-déjeuner plus conséquent.

On part ensuite faire une rando décrite sur Internet. Le chemin est cependant moyennement bien balisé donc on se perd un peu et on ne tombe pas sur la cascade promise.

Qu’importe, cette sortie nous permet de découvrir un peu plus le Telemark, région où l’agriculture semble occuper une place de choix dans l’activité économique au vu du nombre de tracteurs garés devant les granges. Les rayons du soleil font leur apparition et, évidemment, c’est tout de suite plus agréable. On casse la croûte sur un banc non loin de l’adorable église de Seljord.

Pour profiter au mieux du temps magnifique dont nous sommes gratifiés en cette dernière après-midi norvégienne (on a même enlevé les manteaux, c’est dire !), on décide d’entreprendre une randonnée un peu plus sportive, j’ai nomme l’ascension du mont Bjørge. Force est de constater que certaines portions sont assez abruptes. Le dénivelé est, en effet, important avec un départ à 112 mètres d’altitude pour une arrivée à 887 mètres. En raison de l’heure assez avancée, on ne monte pas jusqu’au sommet mais jusqu’à l’avant-dernier point de vue qui offre déjà un beau panorama sur Seljord.

La descente n’est pas aussi compliquée que prévu néanmoins il faut faire attention car les pentes peuvent être raides. On aura mis un peu moins de deux heures et demi pour monter et une heure de moins pour revenir au point de départ de la rando. Il est pas loin de 21 heures quand nous rentrons dans notre cabane. 29,9 kilomètres aujourd’hui, ce qui constitue un record pour ce séjour ! On se fait cuire les raviolis achetés ce matin en guise de dernier dîner sur le sol norvégien.

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En train puis en bus : de Stavanger à Seljord

Stavanger, on te quitte ! Avant de faire nos adieux à cette agréable cité portuaire, on profite bien comme il faut du délicieux petit-déjeuner du Radisson Blu, incontestablement le meilleur du séjour (plein de choses à manger, on ne sait plus où donner de la tête) ! L’autre avantage de cet hôtel, c’est qu’il est situé tout près de la gare, et justement, nous prenons le train de 08 heures 47 pour Bø. A l’heure précise, le train démarre. Son terminus est Oslo, autant dire qu’il traverse une bonne partie du pays. Il ne va pas très vite sans doute parce que ses arrêts sont fréquents. Le billet coûte environ 80 euros par passager.

Après une paisible traversée du Sud de la Norvège, on arrive à Bø un peu avant 14 heures 30. De là, nous devons prendre un bus pour Seljord. Sur la ville de Bø, je serai brève car celle-ci n’a pas le privilège d’être référencée par le Lonely Planet. Le supermarché Rama, situé en face de la gare, est fermé en ce dimanche. De l’autre côté, trône une boutique de toilettes et robinets (spéciale dédicace aux rouleaux de p-cul aux couleurs vives en vitrine). L’exploration s’arrête là car malheureusement il pleut… Nous avons pourtant un peu de temps à meubler car notre bus arrive à 16 heures 20. La gare et sa petite échoppe de burgers et autres mets diététiques semblent être le centre névralgique de Bø en ce dimanche. Certaines voitures y passent même plusieurs fois la musique à fond.

Enfin, on monte dans le bus ! Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons à destination. Il nous faut marcher une quinzaine de minutes pour atteindre « Hovstø hytter og rom » où nous avons réservé une sorte de cabine (100 euros les deux nuits). Nous y sommes accueillis par un Polonais qui nous offre des biscottes Vesa car le supermarché Rema, situé à un petit kilomètre de marche, est fermé aujourd’hui. Il ne nous reste, en effet, que du fromage, un peu de jambon, deux tranches de pain et quelques biscuits. Les réserves de nourriture s’amenuisant, un passage par le supermarché est programmé pour le lendemain matin.

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On paye 200 NOK pour pouvoir revêtir  les lits de draps, ceux-ci n’étant pas inclus dans le prix. Pour les toilettes et la salle de bain, il faut entrer dans la maison située en face de notre chalet. Il y a de quoi cuisiner dans la cabine mais une cuisine un peu plus conséquente est à la disposition des clients dans la maison.

Malgré la pluie et le ciel très couvert, les montagnes et le lac paraissent splendides.

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Moslifjellet et retour à Stavanger

A l’auberge de jeunesse de Preikestolen, le couvre-feu est fixé à 23 heures et force est de constater qu’il est parfaitement respecté. Notre chambre doit mesurer 7 mètres carrés mais on y a très bien dormi. Les lits en bois ne grincent pas, ce qui contraste avec les plumards en métal que nous avons connus jusqu’ici. Après la douche, direction la salle du petit-déjeuner. Nous ne savions pas que celui-ci était inclus dans le prix et ce fut une excellente surprise quand nous l’avons appris hier. Ce petit-déjeuner est un régal, mention spéciale au saumon fumé et aux différentes sortes de pain. Revigorés, on retourne dans la chambre pour une double raison : attendre que la pluie se calme (ce qui, selon la météo, devrait bientôt se produire) et regarder le quart de finale du double dame junior des championnats de France jeunes de badminton que dispute une fille de notre club ! Vers 10 heures 30 (heure à laquelle les chambres doivent être libérées), on va payer (722 NOK) et on en profite pour se renseigner sur les randonnées. On nous en recommande deux (le tour du lac et l’ascension du Moslifjellet) mais on nous incite à attendre que le ciel se dégage avant de partir à l’aventure.

Vers 11 heures 45, le départ est donné. On suit le sentier qui mène à Moslifjellet. Il est un peu plus difficile (moins long cependant) que Preikestolen. Il y a pas mal de vent et, manque de bol, la pluie fait un retour fracassant… Ajoutez à cela le fait que le sentier est recouvert de pierres sur lesquelles l’eau de la rivière coule et vous comprendrez pourquoi le terrain est glissant (sachant que les racines des arbres sont dans doute les pires traitresses). On arrive tant bien que mal au sommet où l’on ne distingue pas grand chose tellement le ciel est couvert.

On redescend prudemment, l’objectif est d’aller se sécher à la cafétéria. On y mange du pain, du fromage et du jambon ramenés de Stavanger ainsi qu’une part de gâteau au chocolat et deux gaufres achetées pour 113 NOK à la cafétéria. On arrive un peu en avance pour prendre le bus de 15 heures 50 et heureusement car celui-ci part dix minutes plus tôt que l’horaire prévu. Après 45 minutes de ferry, nous sommes de retour à Stavanger.

Ce soir, nous dormons au Radisson Blu Atlantic de Stavanger. Cet établissement est évidemment bien au-dessus de nos standards habituels mais il n’était pas beaucoup plus cher que d’autres hôtels et surtout nous voulions un bon petit-déjeuner des familles avant la journée dans les transports du lendemain. La chambre est spacieuse, rien à voir avec celle où nous avons dormi la nuit précédente. Elle est équipée d’une grande télé, parfait pour regarder la finale de la Ligue des champions !

Vers 19 heures, on va dîner au Døgnvill (Skagen 13), restaurant de burgers qui ne semble pas désemplir. Le « royale with cheese » est plutôt pas mal. On accompagne nos burgers de bières et de délicieuses frites de patates douces. En tout, on paye 644 NOK. Rentrés au Radisson, on décide de profiter des équipements de l’hôtel en allant transpirer dans le sauna. Celui-ci ne nous a cependant pas semblé très chaud. Il faut dire que l’eau versée sur les pierres ne produisait pas le bruit habituel.

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Preikestolen ou le rocher le plus célèbre de Norvège

Un peu avant 08 heures 30, on quitte la chambre direction le supermarché situé juste à côté pour acheter quelques victuailles. Il est temps de prendre le ferry pour Tau d’où nous monterons dans un bus pour Preikestolen. Nous avons acheté les billets sur le site Internet de l’agence Go Fjords pour 84 euros pour deux aller / retour. Attention, le bateau part du port des ferrys et non de là où sont amarrés les paquebots de croisière. Ne vous fiez pas au panneau Nordled installé à cet endroit. C’est pourtant dans ce piège que nous tombons, nous nous en rendons compte assez vite mais nous loupons le bateau de 09 heures. Pas de panique, Go Fjords vient de passer aux horaires d’été si bien que la liaison en bus sera assurée à l’arrivée du bateau de 09 heures 45. C’est donc dans celui-ci que nous embarquons. Cette promenade sur l’eau est l’occasion d’admirer, une fois encore, le sens de l’organisation des Norvégiens pour faire monter voitures, camions, motos et piétions sur les ferrys. La traversée jusqu’à Tau dure environ 45 minutes, ce qui fait de ce ferry celui dans lequel nous serons restés le plus longtemps. Un bus nous attend juste devant l’embarcadère. En trente minutes, il nous amène au point de départ de la célèbre randonnée de Preikestolen. Avant de cheminer le long de ce sentier, on dépose nos sacs à l’auberge de jeunesse où nous avons réservé pour la nuit (800 NOK, petit-déjeuner inclus).

On enfile nos chaussures de rando et c’est parti ! Force est de constater que nous sommes loin d’être les seuls sur le sentier ! Il y a même des embouteillages par endroits. Une chose est sûre, cette randonnée n’est pas très difficile, pour preuve de très jeunes enfants sont de la partie. De façon étonnante, nos amis les chiens sont nombreux à arpenter le chemin. Visiblement, les Norvégiens apprécient particulièrement amener Médor en randonnée.

On pique-nique en route comme le font la plupart des randonneurs. Il fait aujourd’hui un temps magnifique et les paysages en sont d’autant plus beaux.

En tout, on met à peu près deux heures pour parvenir au fameux rocher fissuré sur lequel tout le monde se précipite pour prendre des photos. Il faut dire que, du haut des 604 mètres du rocher, la vue sur le Lysefjord est splendide. Je n’ose cependant pas trop m’approcher du bord comme le font certains.

Il est possible de continuer un peu plus haut (le chemin est balisé par des T rouges peints sur les pierres), ce qu’on fait. Il faut « escalader » des pierres mais rien d’insurmontable. La vue du sommet est magnifique mais sur tous les gens qui viennent à Preikestolen, ceux qui montent jusqu’en haut semblent être minoritaires.

C’est sur cette partie que nous rencontrons un couple de Français avec qui nous discutons un moment avant de redescendre tous ensemble vers le point de départ. Il est 17 heures passées, nous en avons terminé avec cette randonnée de toute beauté. En tout et pour tout, on aura marché 16 kilomètres. On n’aura eu froid aujourd’hui, loin de là. Je m’étais sans doute habillée un peu trop chaudement. Un t-shirt à la place de la sous-couche polaire à manches longues aurait sans doute été préférable.

La clé de la chambre récupérée, on y prend nos quartiers. Elle est très petite et équipée de deux lits superposés ainsi que d’un lavabo. Le wifi y fonctionne plutôt bien. On se fait des pâtes dans la cuisine commune, très bien équipée, située dans le chalet adjacent (il y a en tout trois baraquements). Il est possible de manger au restaurant de l’accueil à condition d’avoir réservé. Le chalet, dans lequel nous sommes installés, abrite en son rez-de-chaussée une chaleureuse salle commune aux nombreux livres et qui offre une vue plongeante sur le lac. On y trouve également une maquette sur laquelle est représenté le sentier menant au célèbre rocher.

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